"Tirer le diable par la queue".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme religieux appartient au registre familier.

Et elle ne doit sans doute pas manquer d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants.

Remontant semble-t-il au XVIIe siècle, elle signifie, au sens figuré : avoir de la peine à trouver de quoi vivre, vivre avec des ressources insuffisantes, vivre dans la précarité et le dénuement.

On dit par exemple : "J'ai longtemps tiré le diable par la queue avant de trouver enfin ce travail correctement payé".

Et l'on utilise également, dans le même sens, les expressions "Avoir des fins de mois difficiles", "Avoir du mal à joindre les deux bouts", "Ne pas parvenir à joindre les deux bouts" ou "Ne pas réussir à joindre les deux bouts".

Source : expressions-francaises.fr

"Un succédané".

J'aime beaucoup ce joli mot du registre soutenu qui désigne :

  • au sens propre, un médicament que l'on peut substituer à un autre ; un médicament générique.
  • par extension, tout produit qui, sans être de même nature, peut en remplacer un autre ; un produit de remplacement, un "Ersatz".

On dit par exemple "Un succédané de café".

  • et, de manière péjorative, une chose ou une personne moins valables que celles dont elles assurent le rôle, la fonction.

On dit par exemple : "Un succédané de directeur" ou "Un succédané de grande marque".

"Un blaireau".

Ce mot peut avoir différentes significations :

  • au sens propre, c'est naturellement un petit mammifère carnassier plantigrade de la famille des mustélidés, dont il est le plus gros représentant en Europe.

Trapu et court sur pattes, au poil raide, il peut atteindre 70 cm de long (90 cm avec la queue, qui mesure 20 cm environ), pour 25 à 30 cm au garrot et jusqu'à une vingtaine de kilogrammes (12 kg en moyenne).

Il est très reconnaissable aux bandes longitudinales noires qu'il porte sur son museau blanc. Il vit potentiellement dans presque toute l'Europe et une grande partie du nord de l'Asie centrale et du Nord, au Sud du cercle polaire (jusqu'à 2 000 m d'altitude en France).

C'est un animal fouisseur, habitant un terrier et capable de construire de vastes galeries "familiales".

Le petit s'appelle le "Blaireautin" et la femelle la "Blairelle" ou "Blairotte".

Il existe d'autres représentants de l'espèce, en Eurasie, en Amérique, à Java et aux Philippines.

  • au sens figuré, dans le registre argotique, il s'agit d'un individu grossier et antipathique ; d'un imbécile, d'un idiot.

Et son équivalent féminin n'est pas la "Blairelle" ou "Blairotte", mais... la "Belette" !

  • enfin, dans le langage courant, il s'agit d'une brosse utilisée pour appliquer du savon à barbe sur un visage avant de le raser.

Traditionnellement fabriqué en poils de blaireau, il existe aussi en soies de sanglier, en crin de cheval ou encore en poils synthétiques.

Bien qu'il soit moins utilisé depuis la généralisation de la mousse à raser, le blaireau connaît actuellement un regain d'intérêt et ont peut désormais en acheter chez les vendeurs de savon à barbe ou sur internet.

Le blaireau est l'outil qui, utilisé sur un savon à barbe ou avec une crème à raser, permet de créer une mousse épaisse qui protégera la peau et assouplira les poils de la barbe au moment du rasage. La mousse est créée en mouillant le blaireau et en adjoignant le savon ou la crème, la mousse étant ensuite formée par un mouvement de rotation et de frottement de la brosse soit dans un bol soit directement sur le visage soit encore dans la main. Outre la qualité du produit utilisé et la dextérité de l'utilisateur, la caractéristique essentielle que doit présenter la brosse est sa capacité à retenir une quantité suffisante d'eau, ce qui permet de créer un mousse riche et homogène.

Source : wikipedia.org

"Une grille d'égout"

Cette locution nominale désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant : une grille obturant les bouches ou sorties d'égout,

Grille d'égout

  • et au sens figuré, dans le registre familier : une mâchoire très édentée.

"Grille d'Égout" était ainsi le surnom  d'une célèbre danseuse du cabaret "Le Moulin Rouge", à qui il manquait une dent sur deux.

"Être en reste" et "Ne pas être en reste".

L'expression "Être en reste" signifie :

  • au sens propre : "Devoir encore quelque chose".

On dit par exemple : "J'ai emprunté le mois dernier 300 euros à mon frère. Je lui en ai déjà rendu 100, mais je suis en reste".

  • et, au sens figuré, : "Ne pas faire autant ou aussi bien".

On dit par exemple : "Lorsque je suis allé à paris (75), mes cousins m'ont merveilleusement accueilli et ont tout fait pour que mon séjour dans la capitale se se passe bien. L'été prochain, ce sont eux qui viennent à Aix-en-Provence (13) et je ne veux pas être en reste : je souhaite moi aussi faire en sorte qu'ils passent un excellent séjour".

L'expression "Ne pas être en reste" signifie donc, a contrario, :

  • au sens propre "Ne rien devoir",
  • et, au sens figuré, : "Faire autant ou aussi bien", "N'avoir rien à envier".

"Tenir le crachoir".

Un crachoir ancien

Cette locution verbale du registre familier fait référence au "Crachoir", ce récipient, le plus souvent rempli de sable, dans lequel on crachait, autrefois, et que l'on aperçoit souvent dans les saloons de bande dessinée et de film western.

Couverture de "Calamity Jane", le 30e album de la série franco-belge "Lucky-Luke, de Morris et René Goscinny (1967)
"Calamity Jane", le 30e album de la série franco-belge "Lucky-Luke, de Morris et René Goscinny (1967)

Et elle signifie, au sens figuré, selon les circonstances :

  • monopoliser la parole dans une réunion ou dans une conversation ; parler longtemps sans laisser les autres prendre la parole, monologuer.

On dit par exemple : "Impossible d'en placer une, Nénesse a tenu le crachoir toute la soirée !" (registre familier).

Ou : "Impossible de dire un mot, Nestor a monopolisé la parole toute la soirée". (langage courant).

  • ou devoir faire la conversation tout seul.

On dit par exemple : "Mon vieux n'était pas là quand son pote est passé et j'ai dû tenir le crachoir une heure avant qu'il ne revienne du cinoche !" (registre familier).

Ou : "Mon père était absent lorsque son ami est passé et j'ai dû, à moi seul, faire les frais de la conversation !" (langage courant).

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et www.expressions-francaises.fr

"Les tenants et aboutissants" ou "Les tenants et les aboutissants".

Cette jolie expression désigne :

  • au sens propre, les pièces de terre adjacentes, bornant de divers côtés, une autre pièce de terre,
  • et, au sens figuré, l'entièreté des faits, des éléments, les circonstances, les détails, qui entourent une affaire.

On dit par exemple : "Je ne pourrai prendre ma décision que lorsque j'aurai connaissance des tenants et aboutissants de ce dossier".

Source : wiktionary.org

"Moisir".

Ce verbe signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant, : s'abîmer, se gâter sous l'effet de l'humidité, se couvrir de moisissure, en particulier pour un fruit ou un légume,
  • et au sens figuré, dans le registre familier : attendre, rester longtemps à la même place, dans la même situation.

On dit par exemple : "Je ne vais pas moisir ici tout l'été !".

Source : dictionnaire.sensagent.leparisien.fr

"Le machiavélisme".

Nicolas Machiavel

Ce mot peut avoir plusieurs significations :

  • Il s'agit tout d'abord, au sens propre, d'un système politique développé par Machiavel dans ses écrits,
  • par analogie, d'une doctrine conforme aux idées et à la pensée de Machiavel, d'un exercice du pouvoir politique sans scrupule moral,
  • et, par extension, d'une ligne de conduite dictée par la ruse, la perfidie, la mauvaise foi, voire par esprit de calcul et d'artifice.

Source : www.cnrtl.fr

"Faire d'une pierre deux coups".

Cette expression, qui remonte au moins au XVe siècle,  signifie, au sens figuré, "Atteindre deux objectifs à la fois, résoudre, réaliser deux choses à la fois avec une seule action, tirer deux avantages d’une seule et même action".

"Un blanc-bec".

Cette locution désigne :

  • au sens propre, un jeune homme dont la bouche n'est pas encore assombrie par la moustache,
  • et, par extension, de manière péjorative, un jeune homme dont on estime qu'il allie l'ignorance à la fatuité.

"Avoir un ticket".

  • Au sens propre, "Avoir un ticket" signifie que l'on a acquis ou obtenu un petit billet, rectangle de papier ou de carton, permettant l'accès dans un lieu ou dans un transport public ou la réalisation d'un service,
  • tandis qu'au sens figuré, dans le registre argotique, "Avoir un ticket" avec quelqu'un, c'est lui "plaire".