"Ce n'est pas bon pour ce que j'ai", "Ne pas être bon pour ce que l'on a".

Cette formule du langage courant s'utilise couramment, lorsque que l'on est en surpoids ou que l'on a une fâcheuse tendance à prendre du poids, afin de qualifier un aliment, généralement sucré ou très calorique, que l'on aime, voire dont on rafole.

Je dis par exemple : "J'adore les calissons, dont Aix-en-Provence, où je demeure, est la capitale. Mais ce n'est pas bon pour ce que j'ai !".

"Avoir du mal à joindre les deux bouts", "Ne pas parvenir à joindre les deux bouts" ou "Ne pas réussir à joindre les deux bouts".

Ces différentes expressions en forme d'idiotismes numériques ne manquent pas de surprendre nos amis étrangers.

Appartenant au registre familier, elles signifient : éprouver des difficultés à boucler son budget, peiner à se procurer suffisamment d'argent pour assumer l'ensemble de ses dépenses et donc à finir le mois financièrement.

On dit par exemple : "Beaucoup d'étudiants ne parviennent pas à joindre les deux bouts".

Et l'on utilise également, dans le même sens, les expressions "Avoir des fins de mois difficiles" et "Tirer le diable par la queue".

Source : www.linternaute.fr

"Prendre une tôle" ou Se prendre une tôle".

Cette locution verbale du registre argotique signifie "Échouer lamentablement, subir un échec cuisant".

On dit par exemple : "Le Classico n'a plus vraiment d'intérêt ; l'Ohème n'a plus battu le PSG depuis novembre 2011 et se prend une tôle au moins une fois sur deux".

On ne dit pas : "Pas d'bol : on est tombé en rade cinq bornes avant Paname" !

Mais : "Jouant de déveine, nous avons été victime d'une défaillance mécanique cinq kilomètres en deçà de Paris (75) !"(registre soutenu)

Ou, à tout le moins, : "Pas de chance, nous sommes tombés en panne cinq kilomètres avant Paris !" (langage courant)

Vous passerez ainsi du registre argotique au registre soutenu ou au langage courant.

"Escagasser".

J'aime beaucoup ce verbe du parler marseillais et provençal, appartenant au registre familier, qui signifie :

  • au sens propre :
    • démolir, abîmer, détériorer quelque chose.

On dit par exemple : "Peuchère ! J'ai prêté ma voiture à mon mari et il me l'a toute escagassée !".

    • ou corriger physiquement quelqu'un de façon assez rude, l'assommer à force de coups.

On dit par exemple : "Fais gaffe ! Si tu as le malheur de crier Vive le PSG devant mon vieux quand il rentre du Vél' et que l'Ohème s'est pris une branlée, il va t'escagasser !".

  • et au sens figuré :
    • s'efforcer de, produire des efforts en vue de.

On dit par exemple : "Cela fait deux heures que je m'escagasse à monter ce buffet KRÜPFNIG !"

    • ou fatiguer, ennuyer, importuner, agacer.

On dit par exemple : "Allez, file ! Tu m'escagasses avec tes fichus articles de J'aime les mots ! Il se moque de nous ce parisien !".

Sur un thème contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Énerver" en français.

 

Pourquoi les noms de personnalités utilisés comme nom de voies, bâtiments, entités, établissements ou organismes comportent-ils souvent un trait d'union entre le prénom et le nom, comme "Place Victor-Hugo" ou "Avenue Henri-Martin" ?

  • La présence de traits d'union ne signifie nullement que la personne est morte !

Il ne s'agit là que d'une rumeur.

Il existe ainsi de nombreuses écoles "Pierre-Perret", alors que ce chanteur n'est nullement décédé à ce jour.

  • En revanche, ces traits d'union correspondent à l’application d’une règle orthotypographique propre à tous les toponymes administratifs, c’est-à-dire :
    • les noms de rues ("Rue Blaise-Pascal" ou "Avenue Henri-Martin" ),
    • de communes ("Aix-en-Provence" ou "Sanary-sur-Mer"),
    • de départements ("Alpes-de-Haute-Provence" ou "Hauts-de-Seine"),
    • de régions ("Bourgogne-Franche-Comté" ou "Hauts-de-France"),
    • d'hôpitaux ("Hôpital Robert-Debré" ou "Hôpital européen Georges-Pompidou"),
    • ou d'établissements ("Lycée "Louis-le-Grand" ou "Lycée Henri-IV").

On peut ainsi savoir, lorsqu'on lit que "George-Pompidou" est débordé ou que "Jules-Ferry" a une bonne réputation, qu'il s'agit de l'hôpital et du lycée parisiens, et nom du président et du ministre.

Autre exemples de graphies de noms de voies, bâtiments ou entités comportant des traits d'union entre prénoms et noms :

  • "Aéroport Charles-de-Gaulle" à Roissy-en-France (95) ou "Aéroport John-Fitzgerald-Kennedy à New York (États-Unis d'Amérique),
  • "Place Félix-Éboué" ou "Place Victor-Hugo", à Paris (75),
  • "Quai André-Citroën" ou "Quai Louis-Blériot", à Paris (75),
  • "Université Paul-Valéry" ou "Université Jules-Verne".

Cette règle n'a cependant jamais fait l'unanimité des grammairiens, leurs opinions étant partagées à ce sujet.

Et elle a aujourd'hui fortement tendance à disparaître dans l'usage, que ce soit sur les plaques de rues, dans les journaux ou même dans les documents officiels.

"Sortir du lot" et "Sortir du Lot".

Cette locution change de sens et de prononciation en fonction de la présence ou non d'une majuscule au mot "lot" :

  • "Sortir du lot" ("lo"), c'est se distinguer nettement des autres, être différent, spécial voire extraordinaire. Et, de ce fait, pouvoir être rapidement et aisément identifié, même parmi de nombreux autres.

On dit par exemple : "Tout jeune, déjà, le futur président sortait du lot".

  • tandis que "Sortir du Lot" ("lote") :
    • c'est franchir les limites départementales du "Lot" (46).

Le département du lot (46) en région Occitanie

On dit par exemple : "Claudine, la maman de mon ami Bruno, habite habite à Payrac (46) mais il lui arrive fréquemment de sortir du Lot pour aller à Sarlat, en Dordogne (24)".

    • ou, plus exceptionnellement, : sortir des eaux de la rivière "Lot".

La rivière Lot

On dit par exemple : "Après avoir pagayé plusieurs jours durant, nous sommes sortis du Lot à Cahors (46).

Source : wikipedia.org

"Bon bout d'an" ou "Bon bout d'an et à l’an qué ven".

"Bon bout d'an !" sur fond de feu d'artifice nocturne

Voilà deux expressions typement marseillaises et provençales qui ne laissent pas de surprendre le nouvel arrivant ou le touriste !

Leurs significations respectives ne risquent pas en effet de se deviner toutes seules, puisqu'elles veulent dire :

  • "Bon bout d'an" : "Bonne fin d'année".
  • et "Bon bout d'an et à l’an qué ven" : "Bonne fin d'année et à l'an prochain" ("l'an qui vient").

Je me souviens encore de la tête que j'ai faite, fin 1999, lors de mon premier hiver à Aix-en-Provence (13), lorsque quelques premières personnes ont commencé à utiliser ces deux formules, durant la courte période située entre Noël et le jour de l'An !