"Être du côté du manche".

Cette locution verbale relevant du langage courant fait référence à la pioche.

Et elle signifie, au sens figuré : être du côté du plus fort ; se ranger du côté du plus puissant ; se mettre du côté de ceux qui réussissent et - souvent - du côté du pouvoir.

La pioche est en effet un outil composé de deux pièces : une pièce de travail en acier appelée "tête de pioche" ou "cognée", fixée par l'intermédiaire d'un oeil à un manche en bois dur, la pièce de métal formant un angle d'environ 90° avec le manche.

Le manche est la partie qui donne l'impulsion. Par opposition la cognée ou la tête de pioche subissent l'action. Il vaut donc mieux être du côté de celui qui frappe plutôt que du côté de celui qui subit.

"Être du côté du manche" : un homme qui pioche dans un jardin

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Fourbir ses armes".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme militaire relève du langage courant.

Et elle signifie :

  • au sens propre : nettoyer ses armes en les frottant, préparer ses armes ; se préparer à la guerre, s'armer,

On dit par exemple : "Les deux pays fourbissent leurs armes".

  • et au sens figuré : préparer ses arguments, ses réponses.

On dit par exemple : "La veille du débat, le président a fourbi ses armes avec son principal conseiller".

Sources : www.linternaute.fr et www.larousse.fr

"Camper sur ses positions".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme militaire relève du langage courant.

Et elle signifie :

  • au sens propre, dans le domaine militaire : ne plus se déplacer, s'installer en un lieu le plus favorable possible pour attendre l'ennemi.

On dit par exemple : "À partir d'avril, les deux armées n'avancent plus et campent sur leurs positions".

Camper sur ses positions, au sens propre

  • et au sens figuré, dans le domaine politique ou social : maintenir son opinion, ne pas changer d'avis ; refuser toute concession.

On dit par exemple : "La direction de l'entreprise et les syndicats ne dialoguent plus et campent sur leur position".

Les grévistes CGT d'une raffinerie (octobre 2022)

Source : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Remercier un collaborateur".

La double signification de cette locution verbale relevant du langage courant ne manque pas de surprendre nos amis étrangers et nos jeunes enfants.

Elle est en effet à la fois polysémique et énantiosémique, puisqu'elle désigne, selon le contexte :

  • le remercier, le féliciter.

On dit par exemple : "Remercier un collaborateur dont on est satisfait est indispensable".

  • ou : le licencier.

On dit par exemple : "J'ai dû remercier un collaborateur pour des faits de harcèlement sexuel".

"Ne pas pouvoir souffrir", "Ne pas souffrir" quelque chose ou quelqu'un ou "Souffrir que".

Ces différentes locutions verbales ne manquent pas de surprendre nos émis étrangers ou nos jeunes enfants.

Elle signifient en effet respectivement :

  • "Ne pas pouvoir souffrir" : ne pas pouvoir supporter, détester (registre familier),

On dit par exemple : "Je ne peux pas souffrir ce nouveau directeur".

  • "Ne pas souffrir" : ne pas supporter (registre soutenu),

On dit par exemple : "Ce film ne souffre pas la comparaison avec ses précédentes réalisations".

Ou encore : "Ne pas souffrir le moindre délai", "Ne pas souffrir d'exception", "Ne pas souffrir de répartie" ou "Ne pas souffrir de contradictions".

  • et "Souffrir que" : permettre, consentir (registre soutenu).

On dit par exemple : "Souffrez que je vous précède".

Source : www.cnrtl.fr

"La guigne", Avoir la guigne", "Quelle guigne !" ou "Se soucier comme d'une guigne" de quelque chose".

  • "La guigne" est un substantif féminin désignant :
    • dans le langage courant : une cerise à chair ferme et sucrée, de couleur rouge foncé ou noire,
Des cerises guigne
Cerisier guigne
    • et dans le registre argotique : la malchance, la poisse.

On dit par exemple : "Fais attention, ce type attire la guigne !".

  • "Avoir la guigne" : jouer de malchance, être très malchanceux, ne vraiment pas avoir de chance.

On dit par exemple : "J'ai la guigne : cela fait deux fois que mon train est en retard cette semaine".

  • "Quelle guigne !" : quelle malchance !

On dit par exemple : "Quelle guigne : la séance est annulée !".

  • et "Se soucier comme d'une guigne" de quelque chose ou de quelqu'un : s'en désintéresser totalement.

On dit par exemple : "Poutine se soucie comme d'une guigne des appels téléphoniques de Macron".

Sources :

"Arracher le coeur" et "Constituer un arrache-coeur".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes corporels relèvent du langage courant.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • causer une grande peine,

On dit par exemple : "Quitter l'Australie m'a arraché le coeur".

  • être la source d'une grande peine,

On dit par exemple : "Divorcer a constitué pour moi un arrache-coeur".

Le substantif "un arrache-coeur" a été popularisé par le succès de "L'arrache-coeur", dernier roman signé Boris Vian, publié en 1953 et conçu comme le premier volet d’une trilogie intitulée "Les fillettes de la reine", qui n’a jamais vu le jour.

Sources : wikipedia.org et www.cnrtl.fr

"Un aître", "Être", "Un être" et "Un hêtre".

Ces quatre termes homophones n'ont naturellement pas les mêmes significatications :

  • "Un aître" est un substantif masculin relevant de registre soutenu, qui, selon le contexte :
    • nous vient du latin "atrium" ("cour intérieur") et désigne :
      • un passage libre devant un bâtiment (généralement une église) et servant de cour, de parvis, de vestibule ou de porche,
      • et en particulier : un terrain libre servant de cimetière près d'une église ou une galerie couverte entourant un cimetière,
L'aître Saint-Maclou, un ancien aître charnier datant du XVIe siècle, situé au numéro 184, rue de Martainville, à Rouen (76) ; un des rares exemples d'ossuaire de ce type subsistant en Europe
L'aître Saint-Maclou, un ancien aître charnier datant du XVIe siècle, situé au numéro 184, rue de Martainville, à Rouen (76) ; un des rares exemples d'ossuaire de ce type subsistant en Europe
    • ou nous vient du latin "extera" ("ce qui est à l'extérieur") et désigne : l'agencement d’une maison, la disposition des diverses parties d’une habitation (le mot s'écrit également "Un être"),
  • "Être" est l'un des deux verbes auxiliaires français et relève du langage courant,
  • "Un être" est un substantif masculin relevant du langage courant désignant, selon le contexte :
    • tout ce qui vit et, spécialement, individu d'une espèce animale ; créature,

On dit par exemple : "Pas un être vivant à l'horizon".

    • une personne, un individu,

On dit par exemple : "Déplorer la mort d'un être cher".

    • la nature profonde de quelqu'un,

On dit par exemple : "Être bouleversé jusqu'au fond de l'être".

    • le fait d'être ; l'existence,

On dit par exemple : "L'être et le paraître".

    • ou : l'agencement d’une maison, la disposition des diverses parties d’une habitation (le mot s'écrit également "Un aître"),
  • et "Un hêtre" est un substantif masculin relevant du langage courant désignant : un arbre des forêts tempérées, au tronc puissant et élancé, à écorce très fine et à petite feuilles ovales caduques.

Un hêtre (© Pépinières Lecomte)Des feuilles de hêtre

Sources : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr et www.lemonde.fr

 

"Tantôt".

Cet adverbe polysémique signifie, selon le contexte :

  • autrefois (registre désuet) : dans un proche avenir ; bientôt, prochainement,

On disait par exemple : "Je réparerai le toit tantôt".

  • pour nos amis belges et québecois : dans peu de temps.

On disait par exemple : "J'allumerai mon radiateur tantôt".

Ou : peu de temps auparavant,

On dit par exemple : "J'ai appris la nouvelle tantôt".

  • dans le registre familier : cet après-midi.

On dit par exemple : "Je reviendrai tantôt", "À tantôt !"ou "Je suis venu tantôt".

  • ou, dans le langage courant : un coup, une fois :

On dit par exemple : "Tantôt il pleure, tantôt il rit".

Ou : "Tantôt il pleut, tantôt il neige".

La formule "Tantôt..., tantôt..." exprime l'alternance, la succession d'un état ou d'une situation dans un/e autre.

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Un bailleur".

Ce substantif masculin polysémique désigne tout à la fois :

  • un individu qui baille,

On dit par exemple : "On dit souvent qu'un bon bailleur en fait bailler sept".

Un bailleur, remettant les clés d'un appartement à un couple de locataires

  • ou : une personne qui met un bien en location en échange d'un loyer.

On dit par exemple : "Notre bailleur nous a remis les clés de l'appartement ce matin".

"Un VAB".

Un VAB (Véhicule de l'Avant-Blindé)

Ce sigle français (v, a, b) (*) relève du jargon militaire.

Et il désigne : un Véhicule de l'Avant-Blindé.

Entré en service en 1976, le VAB est actuellement le véhicule de transport de troupes le plus répandu dans l'armée de Terre française avec 2 557 véhicules en ligne en 2021, sur la commande initiale de 4 000 exemplaires pour l'armée française.

Et plus de 1 000 exemplaires ont été exportés, dans plus d'une quinzaine de pays.

L'arrière d'un VAB (Véhicule de l'Avant-Blindé), portes ouvertes

Deux soldats français assis à l'arrière d'un VAB (Véhicule de l'Avant-Blindé) (© Shah Mara/AFP/Getty Images)
Deux soldats français assis à l'arrière d'un VAB (Véhicule de l'Avant-Blindé) (© Shah Mara/AFP/Getty Images)

Armement

Il est le plus couramment armé d'une mitrailleuse de calibre 12,7 mm OTAN pour les véhicules d'infanterie, ou alors d'un calibre 7,62 mm OTAN en circulaire sur le toit pour les autres modèles.
Mais il peut aussi être équipé d'un tourelleau avec canon-mitrailleur de 20 mm ou 25 × 137 mm ou système lance-missile.

Sécurité

De par leur conception, les VAB résistent plutôt bien aux EEI : le profil amphibie de la coque du blindé lui permet de décoller de la route et de dévier le souffle de l'explosion. L'explosion d'un EEI provoque toutefois souvent de graves blessures voire la mort des passagers, ce qui amène à l'ajout de protections supplémentaires lors de l'opération en Afghanistan. Le VAB est considéré lors de l'opération Barkhane comme insuffisamment protégé face aux explosifs.

(*) : Prononcé vab, il devient un acronyme.

Source : wikipedia.org

"Que demande le peuple ?"

Cette locution verbale fait référence à la France de l'Ancien Régime.

Durant cette période en effet, les délégués aux États généraux recueillaient à travers des cahiers de doléances les voeux et demandes du peuple.

Un processus au terme duquel le roi posait la question : "Que demande le peuple ?".

De nos jours, cette formule s'emploie, au sens figuré, pour signifier que l'on est satisfait et que l'on ne saurait demander mieux.

On dit par exemple : "Un homme qui fait les courses, la cuisine et le ménage. Que demande le peuple ?".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr