"Un gallodrome".

Un gallodrome dans les Hauts-de-France (© Agence France Presse)

Ce substantif masculin peu connu désigne : un bâtiment dans lequel sont organisés des combats de coqs.

À La Réunion (97-4) on compte encore cinq gallodromes officiellement tolérés et de nombreux autres illégaux.

En Martinique (97-2) et en Guadeloupe (97-1) existent encore de nombreux gallodromes appelés localement "Pitt à coq".

En France métropolitaine, les Hauts-de-France sont la seule région où les combats sont légaux.

Et elle possède même sa race de coq de combat, le "Combattant du Nord".

Un combattant du Nord, élevé pour les combats de coqs

Pour finir, sachez que nos amis haïtiens les appellent "Gaguères" (nom féminin).

"Faire un numéro de claquettes".

Cette locution verbale s'utilise dans le registre familier, au sens figuré.

Et elle signifie, selon les cas :

  • attester d'un talent exceptionnel, réaliser une performance peu commune,

On dit par exemple : "Ta présentation du dossier était incroyable : tu nous a fait un numéro de claquettes !".

  • faire la preuve de son aptitude ou de son dévouement,

On dit par exemple : "Je ne vais pas leur faire un numéro de claquettes tous les trois mois pour leur faire plaisir".

  • ou, de façon péjorative : montrer son savoir-faire d'une façon brillante et ostentatoire ; épater l'auditoire.

On dit par exemple : "Je n'ai pas besoin que tu nous fasses un numéro de claquettes, comme la dernière fois, tu sais".

Elle fait naturellement référence à l'incroyable technique dont savent faire preuve les plus grands spécialistes des claquettes, tel que le célèbre danseur états-unien Fred Astaire.

Si vous ne l'avez jamais vu, découvrez donc son fantastique numéro de claquettes, extrait du film musical états-unien de 1949 "Entrons dans la danse", réalisé par Charles Walters :

"Un ERP".

Ce sigle (on le prononce e-air-pé et non air-pe, comme s'il s'agissait d'un acronyme) désigne principalement, selon le contexte  :

  • un Etablissement Recevant du Public.

C'est à dire : un bâtiment, un local ou une enceinte, fixes ou provisoires, dans lesquels des personnes sont admises librement, ou moyennant une rétribution ou une participation quelconque, et où sont tenues des réunions ouvertes à tout venant ou sur invitation, payantes ou non.

Comme par exemple une mairie, une poste, un magasin, un centre commercial, un restaurant, un hôtel, une bibliothèque, une salle de théâtre, etc.

Sont considérées comme faisant partie du public toutes les personnes admises dans l'établissement, à quelque titre que ce soit, en plus du personnel.

  • ou, en anglais : un Entreprise Resource Planning, appelé en français PGI (Progiciel de Gestion Intégré).

C'est à dire : un système d’information permettant de gérer et suivre au quotidien, l’ensemble des informations et des services opérationnels d’une entreprise.

Sources  www.cegid.com et www.service-public.fr

"Rabelaisant" ou "Rabelaisante" et "Rabelaisien" ou "Rabelaisienne".

Tous ces adjectifs se rapportent naturellement à l'écrivain français de la Renaissance François Rabelais.

L'écrivain français François Rabelais

Ils ont cependant des significations fort différentes, puisque :

  • "Rabelaisant" ou "Rabelaisante" qualifient celui ou celle qui étudie ou est spécialiste de Rabelais et de son oeuvre.

On dit par exemple : "J'ai suivi avec bonheur les cours d'un professeur de littérature rabelaisant".

  • tandis que "Rabelaisien" ou "Rabelaisienne" désignent ce qui rappelle la verve truculente de Rabelais et de son oeuvre.

On dit par exemple : "Frédéric Dard, le père du Commissaire San-Antonio est un auteur rabelaisien".

Voir également mon article "Un rabelaisant" ou "Une rabelaisante" et "Un rabelaisien" ou "Une rabelaisienne", ainsi que ma collection consacrée à "L'héritage langagier de Rabelais".

 

"Un bain de sang".

Un bain de sang

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme corporel relève du langage courant.

Et elle désigne, au sens figuré : un carnage, un massacre, une tuerie, occasionnant de nombreux morts. Ou des morts en quantité relativement limitée - voire un seul - mais "baignant" dans leur/son sang.

"Cesser faute de combattants" et "Et le combat cessa, faute de combattants".

Cette locution verbale et cette phrase proverbiale en forme d'idiotismes militaires s'utilisent, au sens figuré, afin de qualifier une action, souvent une confrontation, qui cesse du fait de la disparition de l'ensemble des personnes ou entités de l'un au moins des deux camps en présence.

On dit par exemple : "La guerre qui faisait rage entre les petits commerçants de centre-ville et les grandes surfaces a pratiquement cessé faute de combattants".

Ou, ironiquement : "La soirée s'est terminée vers 5 heures : tout le monde était complètement saoul ou endormi. Et le combat a donc cessé, faute de combattants".

Mais on ignore souvent, je crois, que "Et le combat cessa, faute de combattants" est un propos tenu par Rodrigue, dans la scène 3 de l'acte IV de la pièce de Pierre Corneille "Le Cid", publiée en 1636 :

"Ils demandent le chef ; je me nomme, ils se rendent.
Je vous les envoyai tous deux en même temps.
Et le combat cessa faute de combattants".

L'acteur français Gérard Philipe, dans le rôle de Rodrigue, dans la pièce de Pierre Corneille "Le Cid" (1636)
L'acteur français Gérard Philipe, dans le rôle de Rodrigue

Sources : cocorico.com et

"Un brave homme" et "Un homme brave".

Ces deux locutions nominales masculines possèdent des significations radicalement différentes et ne doivent donc pas être confondues :

  • "Un brave homme" désigne en effet, dans le registre familier : un individu bon, serviable, honnête, bienveillant ; simple, mais digne de respect.

On dit par exemple : "Je ne comprends comment la police a pu persécuter ce brave homme durant des semaines".

  • tandis que "Un homme brave" désigne, dans le langage courant : un individu courageux, vaillant, qui ne craint pas d'affronter le danger.

On dit par exemple : "Un homme brave n'hésiterait pas à risquer sa vie pour sauver son enfant des flammes".

"Scier la branche sur laquelle on est assis".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Elle fait naturellement référence, au sens propre, à la personne qui par bêtise, provoquerait sa propre chute, en sciant elle-même la branche d'un arbre sur laquelle elle serait assise.

Et elle signifie par conséquent, au sens figuré ; se faire du tort à soi-même ; compromettre sa propre situation par des actions inconsidérées ; supprimer ou affaiblir délibérément un soutien indispensable ; s'attaquer à une situation dont on bénéficie pourtant.

On dit par exemple : "Attention : à trop vouloir augmenter ainsi tes prix, tu risques d'affaiblir les finances de tes clients et de scier la branche sur laquelle tu es assis".

Et l'on utilise également l'idiotisme corporel : "Se tirer une balle dans le pied".

Sources : www.linternaute.fr, www.expressio.fr, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Voir du pays" et "Faire voir du pays".

Ces deux locutions verbales possèdent des significations très différentes et ne doivent donc surtout pas être confondues :

  • "Voir du pays" signifie en effet, au sens propre : voyager à l'étranger, découvrir le monde.

On dit par exemple : "Après mon bac, j'ai voulu voir du pays et suis parti pendant dix mois faire un tour du monde".

Un jeune homme parti "voir du pays", c'est à dire, voyager, parcourir le monde

  • tandis que "Faire voir du pays" signifie, au sens figuré, et dans le registre familier : occuper à outrance, submerger de travail ; donner de l'exercice ; créer des problèmes, susciter des difficultés, des soucis.

On dit par exemple : "Mon père m'a raconté que son service militaire avait été épouvantable, à cause d'un adjudant qui lui avait fait voir du pays".

Sources : www.linternaute.fr