On ne dit pas : "Il y a une fracturation très forte de la société française" !

Le "communiquant" Arnaud Benedetti

Comme l'a déclaré le "communiquant" Arnaud de Benedetti, le 21 juin 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu CNews.

Mais : "La société française EST TRÈS FRACTURÉE" !

Le mot "Fracturation" désigne en effet uniquement un procédé utilisé dans l'extraction d'hydrocarbures afin augmenter la perméabilité de la couche productrice en y pratiquant des fractures.

"Le roi est nu".

Cette formule est couramment utilisée par les journalistes politiques pour décrire un dirigeant ne bénéficiant d'aucun pouvoir ou d'aucun soutien.

On dit par exemple : "Le président Macron ne dispose pratiquement d'aucun fusible : le roi est nu".

On ignore souvent qu'il s'agit d'une citation directement issue de "Les Habits neufs de l’empereur" (ou "Le Costume neuf de l'empereur"), un conte écrit en 1837 par le danois Hans Christian Andersen, qui lui a reconnu des origines espagnoles.

Résumé du conte d'Andersen

Il y a bien longtemps vivait un empereur qui aimait par-dessus tout être bien habillé et avait un habit pour chaque heure du jour.

Un beau jour, arrivent deux escrocs, qui prétendent savoir tisser une étoffe que seules les personnes sottes ou incapables dans leurs fonctions ne peuvent pas voir et proposent à l'empereur de lui en confectionner un habit. Celui-ci pense que ce vêtement sera exceptionnel et qu’il pourra lui permettre de repérer les personnes intelligentes de son royaume.

Les deux charlatans se mettent alors au travail.

Quelques jours plus tard, l’empereur, curieux, vient voir où en était le tissage de son habit. Mais il ne voit rien car il n’y a rien. Troublé, il décide aussitôt de n’en parler à personne, car personne ne voudrait d’un empereur sot.

Il envoie alors plusieurs ministres inspecter l’avancement des travaux. Lesquels ne voient rien non plus, mais n’osent pas non plus l’avouer, de peur de paraître idiots.

Tout le royaume parle de cette étoffe extraordinaire.

Le jour où les deux escrocs décident que le précieux vêtement est achevé, ils aident l’empereur à l’enfiler.

Ainsi "vêtu" et accompagné de ses ministres, le souverain se présente à son peuple qui, lui aussi, prétend voir et admirer ses vêtements.

Seul un petit garçon ose dire la vérité : "Mais il n’a pas d’habits du tout !" (ou dans une traduction plus habituelle : "le roi est nu !"). Et tout le monde lui donne raison. L’empereur comprend alors que son peuple a raison, mais continue sa marche sans dire un mot.

Source : wiktionary.org

On ne dit pas : "La photo que j'ai pris" ni "La jupe qu'elle a mis" pas plus que "Elle s'est mis au travail" !

Mais : "La photo que j'ai prise", "La jupe qu'elle a misE" et "Elle s'est misE au travail" !

Le verbe "prendre" suit en effet les règles d'accord du participe passé.

Et avec "avoir", le participe passé s'accorde avec le COD (Complément d'objet Direct) si ce dernier le précède.

Source : wwww.lefigaro.fr

Pourquoi dire : "On a les verts qui scorent avec le parti socialiste" !

La journaliste française Laurence Ferrari

Comme l'a déclaré la journaliste française Laurence Ferrari, dimanche 29 juin 2020 au soir, à l'occasion du second tour des élections municipales, sur la chaîne de télévision française d'information en continu CNews.

Et pas : "On a les verts qui RÉALISENT DE BONS CHIFFRES avec le parti socialiste" !

Voire : "Nous avons les verts et le parti socialiste qui OBTIENNENT DE BONS CHIFFRES" !

On ne dit pas : "Moi j'pense la question elle est vite répondue" !

Comme l'a dit un jeune benêt analphabète franco-helvéto-péruvien (?) du nom de Jean-Pierre Fanguin, dans une séquence vidéo mise en ligne sur Twitter le 9 juin 2020 et partagée plus de deux millions de fois en deux jours.

Mais : "Je pense que la réponse est simple", "Je pense que la réponse est toute trouvée" ou "Je pense que l'on a vite fait de répondre à cette question" !

Ce jeune nigaud en costume cravate avec une coupe de champagne à la main, qui ânnone devant une Range Rover, le long d'une route suisse, propose aux "jeunes entrepreneurs" de gagner des montagnes d’argent grâce à lui.

En leur vendant des formations au "trading" de la société Melius et en devenant "ambassadeurs" d'une structure pyramidale.

Le texte de son intervention

“Salut à toi jeune entrepreneur ! Alors, si aujourd’hui je me permets de te contacter, c’est pour une raison très simple. Savais-tu que 95% de la population détenait 5% des richesses. Alors est-ce que tu veux en faire partie ? Il faut que tu te poses les bonnes questions.

Est-ce que tu préfères faire pitié et prendre le bus tous les jours, ou commencer très rapidement à faire de l’argent avec moi, grâce à ton téléphone, et pouvoir peut-être acquérir ce genre de véhicule haut de gamme ?

Moi j'pense la question elle est vite répondue !

Alors soit tu m'suis, soit tu vas d'mander d'l'argent d'poche à ta grand-mère pour aller au resto. Avec moi c'est com'ça qu'ça marche, OK ?".

Source : www.huffingtonpost.fr

"Un avocat".

Ce mot du langage courant peut avoir en français deux significations différentes.

Et cela, à la grande surprise, parfois, de nos amis étrangers ou de certains jeunes migrants allophones, que j'ai pu avoir l'occasion de côtoyer, qui nous expliquaient qu'ils n'avaient pas faim lorsque nous leur annoncions qu'ils allaient avoir un avocat !

Ce mot désigne en effet, selon le contexte :

Un avocat

  • un juriste, dont les fonctions traditionnelles sont de conseiller, représenter, d'assister et de défendre ses clients (personnes physiques ou morales) en justice, en plaidant pour faire valoir leurs droits et, plus généralement, pour les représenter.

L'avocat a également une fonction de conseil mais aussi de rédacteur d'actes.

Un avocat, fruit de l'avocatier

  • ou : le fruit de l'avocatier, un arbre originaire du Mexique, qui est, de loin, le premier producteur mondial de ce fruit (à lui seul 30 % de la production mondiale), ainsi que le premier exportateur et le premier consommateur.

Avocats sur un avocatier

Je raffole personnellement de ce fruit utilisé en salade ou pour faire du guacamole.

Du guacamole

On peut facilement faire pousser chez soi un avocatier à partir de simples noyaux d'avocat.

Pour l'anecdote, le mot "avocat" provient de l'espagnol "aguacate", lui-même dérivé d'un mot d'une langue locale signifiant "testicule", par analogie avec la forme de cet organe.

Source : wikipedia.org

"Quoi que" ou "Quoique".

Bien que parfairement homonymes et exprimant tous deux une concession, ce pronom relatif indéfini et cette conjonction de subordination ont néanmoins des significations sensiblement différentes et ne doivent donc pas être confondus :

  • "Quoi que" (ou "Quoi qu'" devant une voyelle) est un pronom relatif indéfini qui exprime une concession.

Il signifie "Quelque soit la chose que (ou qui)" et peut être remplacé par la formule "Peu importe".

On dit par exemple : "Quoi que je dise, tu n'es jamais d'accord".

Ou : "Quoi qu'il arrive, tu auras ton examen".

  • et "Quoique" est une conjonction de subordination qui exprime une concession et peut être remplacé par les formules "Bien que" ou "Encore que".
    • On l'utilise pour émettre une réserve sur un qualificatif ("Bien que").

On dit par exemple : "Quoique malade, il demeure très robuste".

    • Ou pour introduire une objection après un temps de réflexion ("Encore que").

On dit par exemple : "Je viendrais bien te voir, quoique je demeure fatigué".

Sources : www.larousse.fr et www.francaisfacile.com

"Un chouf" ou "Le chouf".

Ce petit mot masculin du registre argotique nous vient directement de l'arabe "Chouf" signifiant "Regarder".

Et il peut avoir pas moins de cinq significations différentes :

  • dans la marine, autrefois : une vigie (registre désuet),
  • dans la marine française : un quartier-maitre chef,
  • pour les voleurs et trafiquants de drogue :
    • le guet, la surveillance, la planque.

On dit par exemple : "Être en chouf".

    • un guetteur, un observateur.

On dit par exemple : "Un chouf de quinze ans gagne malheureusement bien davantage que son père maçon ou chauffeur de bus".

  • un voyeur, un mateur.

Source : wiktionary.org

Ne dites pas : "Il a dit quoi ?" !

Mais, à tout le moins : "Qu'est-ce qu'il a dit ?" !

Et, idéalement : "Qu'a-t-il dit ?" !

Vous passerez ainsi du registre familier au langage courant ou au registre soutenu.

"Seyant", "Seyante", "Sied" et "Seyait".

J'aime beaucoup ces jolis mots du registre soutenu dérivant du - fort peu usité - verbe "Seoir", qui signifie : aller bien ou convenir.

  • "Seyant" (ou "Seyante") est ainsi un adjectif signifiant : qui va bien, qui convient, qui avantage la personne qui le ou la porte.

On dit par exemple : "Ce manteau est très seyant".

Ou : "Cette coiffure est très seyante".

  • "Sied" est la troisième personne du singulier présent du même verbe.

Et signifie donc pareillement : qui va bien, qui convient, qui avantage la personne qui le ou la porte

On dit par exemple : "Cette robe te sied merveilleusement".

  • et "Seyait" est la troisième personne du singulier imparfait du même verbe.

Et signifie par conséquent : qui allait bien, qui convenait, qui avantageait la personne qui le ou la portait.

On dit par exemple :"Sa veste lui seyait à ravir".

Source : www.larousse.fr

"L'ordre règne à".

"L'ordre règne à Varsovie" : illustration de Grandville (1831)

On ignore souvent, je crois, l'origine de cette formule, entrée dans le langage courant.

Nous la devons à un militaire et homme politique français, ministre des Affaires étrangères, le général François Horace, comte Sebastiani de la Porta (1772-1851).

Interrogé le 16 septembre 1831 à propos des événements de Pologne, où les Russes venaient de réprimer cruellement l'agitation, ce charmant personnage répondit que l'ordre et la tranquillité étaient entièrement rétablis à Varsovie...

Le caricaturiste Grandville a immortalisé ce mot malheureux en publiant dans le journal "Le Moniteur" une illustration montrant un soldat russe sur un monceau de cadavres polonais avec cette cynique légende : "L'ordre règne à Varsovie".