"Faire tomber la veste" ou "Tomber la veste" et "Être en bras de chemise" ou "Être en manches de chemise".

Le président états-unien Barck Obama, en bras de chemise

Voila bien trois locutions verbales en forme d'idiotismes vestimentaires et d'idiotisme corporel qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

  • "Faire tomber la veste" ou "Tomber la veste" relèvent du registre familier et signifient :
    • ôter sa veste, l'enlever, la retirer.

En raison de la chaleur ou parce que l’on s’attend à rester longtemps ou à prolonger une action.

On dit par exemple : "On le sait, le président Macron n'hésite pas à tomber la veste".

    • et par extension : se préparer à se battre, se bagarrer.

On dit par exemple : "L'autre jour, mon collègue n'a pas hésiter à tomber la chemise en pleine rue, afin de prendre la défense d'une jeune femme molestée par son compagnon".

  • et "Être en bras de chemise" ou "Être en manches de chemise" appartiennent au langage courant et signifient : être vêtu simplement, de façon décontractée ; de son pantalon et de sa chemise, mais sans porter de veste ni de veston.

Ce qui n'empêche pas de porter une cravate.

Et - contrairement à ce que l'on pense souvent - n'implique pas forcément que les manches de la chemise soient retroussées.

Le président de la République française Emmanuel Macron, en bras de chemise

On est donc "en bras de chemise" sitôt après avoir "tombé la veste".

À toutes fins utiles, précisons que la forme "Être en manches de chemise" est beaucoup moins usitée que la forme "Être en bras de chemise".

Sources : www.expressio.fr, www.languefrancaise.net et wiktionary.org

 

23 façons de dire "Vomir".

Vomir dans la cuvette des toilettes

"Dégueuler", "Gerber" et "Quicher" relèvent du registre argotique.

Ainsi que les idiotismes animaliers particulièrement imagés : "Aller au renard", "Balancer un renard", "Cracher un renard", "Écorcher le renard", "Faire un renard", "Lâcher un renard", "Piquer un renard" (le substantif masculin "renard" constitue ici une ellipse de la locution nominale féminine "queue de renard") et "Renarder".

"Renarder", "Aller au renard", "Balancer un renard", "Cracher un renard", "Écorcher le renard", "Faire un renard", "Lâcher un renard" ou "Piquer un renard", c'est à dire "Vomir".

Ou encore "Débecter", "Débecqueter" et "Débequeter", mais ces trois derniers ne sont guère employés en ce sens.

"Dégobiller" et "Dégurgiter" (restituer presque intact un aliment que l'on avait avalé) appartiennent au registre familier.

Ainsi que "Quicher", qui n'est toutefois usité qu'à Marseille (13) et en Provence.

"Rendre" ou "Rendre tripes et boyaux" relèvent du langage courant.

De même que les verbes "Expulser", "Rejeter" ou "Restituer", qui sont parfois utiliser en ce sens, accompagnés de locutions nominales du type "Son repas".

Tandis que "Régurgiter" relève du registre soutenu.

Sources : crisco2.unicaen.fr, wiktionary.org, www.languefrancaise.net et Le Robert

 

"Ne pas y avoir un chat", "Il n'y a pas un chat".

Cette expression du registre familier en forme d'idiotisme animalier signifie :

  • "Ne pas y avoir un chat" : n'y avoir absolument personne, être désert.
  • et "Il n'y a pas un chat" : il n'y a absolument personne ; l'endroit est désert.

On dit utilise également l'expression en forme d'idiotisme religieux : "Ne pas y avoir âme qui vive", "Il n'y a pas âme qui vive".

Et les marseillais disent, dans le registre familier : "Y avoir dégun", "Il y a dégun".

Source : www.expressio.fr

"Bigre !" et "Bigrement" ou "Bougrement".

J'aime assez ces trois mots du registre familier et du registre désuet, que je continue personnellement d'utiliser :

  • "Bigre !" est une interjection dérivée du mot "Bougre" et constitue une exclamation exprimant la crainte, le dépit, l'étonnement ou l'admiration.

On dit par exemple : "Bigre ! Tu ne vas pas passer inaperçu avec ce costume !".

  • tandis que "Bigrement" est un adverbe dérivé du mot "Bougrement", ayant la même signification, c'est à dire : très, extrêmement ou rudement (registre familier).

On dit par exemple : "Mon chéri, ton rôti était bigrement bon !".

Ou : "J'ai trouvé ce documentaire bougrement intéressant".

Ces trois mots sont synonymes de "Fichtre !" et "Fichtrement" ou "Foutrement", qui relèvent - pour moi - des registres populaire et vulgaire.

Sources : wiktionary.org et Le Robert

"Rester sur sa faim".

Cette locution verbale du langage courant signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : avoir encore faim ; continuer d'avoir faim après avoir mangé.

On dit par exemple : "Tu imagines bien qu'avec un poulet pour quatre adultes et trois adolescents, nous sommes restés sur notre faim".

  • et au sens figuré, dans le registre familier : voir ses attentes déçues ; être insatisfait ; ne pas obtenir autant que ce que l'on attendait ou espérait.

On dit par exemple : "Je suis resté sur ma faim avec ce documentaire, car il n'expliquait pas grand chose".

Sources : Le Robert, www.expressio.fr et wiktionary.org

"Être clair comme de l'eau de roche" et "Être clair comme du jus de boudin" ou "Être clair comme du jus de chique".

Ces trois locutions adjectivales antonymes très imagées signifient respectivement :

  • "Être clair comme de l'eau de roche" : être parfaitement clair (langage courant).

On dit par exemple : "La situation est claire comme de l'eau de roche : ils s'aiment et veulent se marier !".

  • et "Être clair comme du jus de boudin" (idiotisme alimentaire) ou "Être clair comme du jus de chique" : ne pas être clair du tout, être trouble, obscur (registre familier).

On dit par exemple : "L'intrigue est claire comme du jus de chique : on ne comprend rien à rien !".

Ou : "Je n'ai rien compris à ton histoire : c'est clair comme du jus de boudin !".

"Faire une fixette sur quelque chose".

Cette locution verbale du registre familier signifie : faire une fixation sur quelque chose, avoir une idée fixe, une obsession.

On dit par exemple : "Ma copine fait une fixette sur ses orteils : elle les trouve trop longs !".

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et dictionnaire.reverso.net

"Ne rien avoir à se mettre" ou "Ne plus rien avoir à se mettre".

Ces deux formules du registre familier signifient, par ellipse :

  • "Ne rien avoir à se mettre" : ne rien avoir à se mettre sur le dos, c'est à dire ne pas avoir de quoi s'habiller correctement,
  • "Ne plus rien avoir à se mettre" : ne plus rien avoir à se mettre sur le dos, c'est à dire ne plus avoir de quoi s'habiller correctement,

 

"Un béni-oui-oui".

Ce substantif masculin invariable du langage familier en forme de gémination désigne, de façon péjorative : une personne servile, toujours disposée et empressée à approuver les actes, demandes, initiatives ou propositions de ses supérieurs, du pouvoir en place ou d'une autorité établie.

On dit par exemple : "Dans l'entreprise où travaille ma femme les chefs de service ne sont que des béni-oui-oui".

Ou : "Le président dispose d'une assemblée de béni-oui-oui, prompte à approuver la moindre de ses décisions".

Il ne s'agit pas du tout d'un idiotisme religieux, puisque le mot "Béni" utilisé ici nous vient du mot arabe "Beni" signifiant "enfants, descendants" et constituant le pluriel de "ibn" ou "ben" ("le fils de"), servant à nommer des personnes ou des tribus.

Ce terme de "Béni-oui-oui" est en effet un mot algérien créé, dès le XIXe siècle, durant la période coloniale, et associant le mot arabe de "Beni" à l'adverbe français "Oui", utilisé par certains indigènes répondant systématiquement "Oui, oui" lorsque l'administration coloniale leur posait une question, quelle qu'elle soit.

"Béni-oui-oui" était déjà utilisé en France métropolitaine en 1888-1889 (pour désigner certains membres de l'assemblée nationale) et en 1919 au Maroc.

"Il désignait alors "Les hommes qui disent oui", c'est à dire les collaborateurs indigènes donnant systématiquement leur approbation unanime et s'empressant d'approuver toutes les demandes ou propositions des institutions du colonialisme français.

L'administration française utilisait en effet des musulmans comme intermédiaires de sa politique indigène, notamment comme élus dans les assemblées locales, cadis (juges locaux de droit musulman), receveurs d'impôts ou chefs tribaux.

Soumis au colonisateur auxquels ils se soumettaient servilement, ils étaient naturellement considérés par les nationalistes comme incapables d'initier la moindre initiative d'indépendance.

Sources : Le Robert, wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Ceinture !".

Cette interjection, qui ne manque pas d'interloquer nos amis étrangers et nos jeunes enfants, relève du registre familier.

Et elle constitue une ellipse de "IL VA FALLOIR FAIRE ceinture !".

Elle fait référence à la locution verbale "Faire ceinture", qui est déjà elle-même une ellipse de "Faire USAGE DE SA ceinture".

Dire à quelqu'un "Ceinture !" revient donc à lui ordonner ou, à tout le moins, à l'inviter fermement à se priver de nourriture (au sens propre) ou de quelque chose (au sens figuré).

Un médecin nutritionniste peut par exemple annoncer à un patient : "Vous oubliez complètement les barres chocolatées et les tartines de confiture au petit-déjeuner : ceinture !".

Ou un père, furieux après les mauvais résultats scolaires de son fils : "Terminé les jeux vidéo : ceinture !".

"Ne pas valoir pipette" ou "Ne pas valoir tripette".

J'aime assez ces deux locutions verbales du registre familier signifiant l'une comme l'autre :

  • ne pas valoir grand chose, n'avoir que peu de valeur (langage courant), ne guère avoir de valeur (langage soutenu),
  • ou : ne rien valoir du tout, n'avoir aucune valeur (langage courant).

On dit par exemple : "Sans vouloir t'offenser : les meubles de ta grand-mère ne valent pas tripette".

Sources : wiktionary.org et www.languefrancaise.net