"Prendre pour un jambon" ou "Prendre pour une quiche".

J'aime beaucoup ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes alimentaires, qui relèvent du registre familier et  signifient : prendre pour un abruti ou prendre pour un idiot.

Sur ce même sujet, je vous recommande la lecture de mon article consacré aux différentes façons de dire : "Prendre pour un idiot".

"Se croire le premier moutardier du Pape".

J'adore cette expression française très ancienne en forme d'idiotisme numérique, d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme religieux.

Elle signifie dans le registre familier et au sens figuré : avoir une haute opinion de soi-même, se donner des airs d’importance, se prendre à tort pour une personne importante.

Autrement dit : être un sot vaniteux.

Ou, dans le registre vulgaire : "Péter plus haut que son cul".

Ainsi que l'attesta le lexicographe Émile Littré, dès la deuxième édition de son célèbre dictionnaire (1872-1877), "Il n’y a pas de moutardier parmi les officiers du pape" et ce titre ronflant n'est bien évidemment qu’une pure invention comique.

L'expression est décrite pour la première fois dans le Dictionnaire de Trévoux de 1771 et on la trouve chez plusieurs auteurs du XVIIIe siècle, ainsi que dans le célèbre conte d'Alphonse Daudet "La Mule du Pape" (1887).

Sources : www.expressions-francaises.fr et wiktionary.org

On ne dit pas : "8 heures du matin", "9 heures 45 du matin", "10 heures moins le quart du matin", "15 heures de l'après-midi", "16 heures 15 de l'après-midi", "4 heures et quart de l'après-midi", "21 heures du soir", "22 heures 45 du soir" et "11 heures moins le quart du soir" !

Mais :

  • "8 heures" (langage courant),
  • "9 heures 45" (langage courant) ou "10 heures moins le quart" (registre familier),
  • "15 heures" (langage courant) ou "3 heures de l'après-midi" (registre familier),
  • "16 heures 15" (langage courant),
  • "21 heures" (langage courant) ou "9 heures du soir" (registre familier),
  • et : "22 heures 45" (langage courant).

"8 heures du matin", "9 heures 45 du matin", "15 heures de l'après-midi", "16 heures 15 de l'après-midi", "21 heures du soir", "22 heures 45 du soir" ne sont que de vulgaires pléonasmes.

Et "10 heures moins le quart du matin", "4 heures et quart de l'après-midi" ainsi que "11 heures moins le quart du soir" d'affreux solécismes.

"Ne pas être fufute" ou "Ne pas être fute-fute" et "Ne pas être très fufute" ou "Ne pas être très fute-fute".

J'aime beaucoup cette formule appartenant au registre familier.

L'adjectif "fufute" ou "fute-fute", qui signifie "intelligent, futé, malin", s'utilise presque exclusivement sous la forme négative, et dans le cadre de cette expression.

Et n'existe pas sous forme de substantif, puisque l'on ne dit pas par exemple "C'est un fufute"ou "C'est un fute-fute".

  • "Ne pas être fufute" ou "Ne pas être fute-fute" signifie donc simplement : ne pas être intelligent, futé, malin. Et donc - par sous-entendu - être plutôt bêta, bête, idiot.

On dit par exemple : "Le fils de mon voisin n'est pas fute-fute, à l'image de son père".

  • et "Ne pas être très fufute" ou "Ne pas être très fute-fute" : ne pas être très intelligent, futé, malinEt donc - par sous-entendu - être plutôt bêta, bête, idiot.

On dit par exemple : "Je suis parvenu à monter ce meuble tout seul : il n'y a pas besoin d'être très fute-fute pour cela".

Sur ce même thème, je vous recommande la lecture de ma collection d'articles "Mille et une façons de dire Être idiot ou Un idiot" et, en particulier, mon article sur mes façons préférées de dire "Être idiot".

10 façons de dire : "Prendre pour un idiot" ou "Tu me prends pour un idiot !".

Dans le langage courant, on peut naturellement se contenter de formules telles que "Tu me prends pour un abruti !" ou "Tu me prends pour un crétin !".

Mais comme souvent, cependant, le registre familier s'avère bien plus parlant. Ainsi, en utilisant les idiotismes alimentaires "Tu me prends pour un jambon !" ou "Tu me prends pour une quiche !", vous affirmez bien plus nettement votre courroux !

De même qu'avec les idiotismes animaliers "Tu me prends pour une buse !" ou "Tu me prends pour une tanche !".

Et ce beaucoup plus, à mon sens, qu'en usant du registre argotique avec "Tu me prends pour un con !", "Tu te fous de moi !" ou "Tu te fous de ma gueule !".

Lequel registre argotique est même - pour moi - devancé par le registre soutenu : "Tu fais injure à mon intelligence !"

 

"Creux comme un bambou" ou "Creux comme un tambour".

J'aime beaucoup ces deux locutions adverbiales en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme musical.

Relevant du registre familier, elles signifient, selon le contexte :

  • en parlant d'un texte ou document : vide de sens, sans intérêt.

On dit par exemple : "Comme à chaque fois, le porte-parole du gouvernement nous a sagement récité un communiqué creux comme un bambou".

Ou : "La circulaire reçue ce matin est creuse comme un tambour".

  • et en parlant d'une personne : sans intérêt, creuse, n'ayant rien à dire d'intéressant.

On dit par exemple : "Ce type est creux comme un bambou : il te fait mourir d'ennui en cinq minutes à peine".

Ou : "La nouvelle femme de mon père est creuse comme un tambour"

"Quasi" ou "Quasiment" ?

  • Contrairement à ce que l'on pense souvent, le mot "Quasi" ne constitue absolument pas l'apocope du mot "Quasiment", en sorte qu'il ne relève pas du tout du registre familier mais au contraire du registre soutenu.

"Quasi" est un adverbe qui nous vient directement du latin "Quasi" ("Comme si") et signifie : presque, pour ainsi dire, en quelque sorte, à peu près.

On dit par exemple : "Je suis quasi certain d'avoir posé mes clés ici !".

Et on le prononce ka-zi et pas kwa-zi.

  • Au contraire, le mot "Quasiment" (ka-zi-man) relève, lui, du registre familier.

On dit par exemple : "Avec 17 points d'avance, la victoire est d'ores et déjà quasiment acquise".

Très couramment employé de nos jours, il ne l'était à l'origine que par plaisanterie.

Source : www.larousse.fr

"Prendre pour une buse" ou "Prendre pour une tanche".

J'apprécie particulièrement ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes animaliers, qui relèvent du registre familier et  signifient : prendre pour un abruti ou prendre pour un idiot.

Sur ce même sujet, je vous recommande la lecture de mon article consacré aux différentes façons de dire : "Prendre pour un idiot".

"Qu'est-ce-que tu fous ?", "Qu'est-ce que tu fiches ?", "Qu''est-ce que tu fabriques ?" ou "Que fabriques-tu ?".

Ces différentes locutions verbales interrogatives, qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers signifient simplement : "Que fais-tu ?" ou "Qu'est-ce que tu es en train de faire ?" (langage courant).

Ou "Qu'es-tu en train de faire ?" (registre soutenu).

  • "Qu'est-ce-que tu fous ?" appartient au registre argotique,
  • "Qu'est-ce que tu fiches ?" appartient au registre familier,
  • tandis que "Qu''est-ce que tu fabriques ?" et "Que fabriques-tu ?" appartiennent au langage courant.