"Faire fi de " ou "Fi de".

J'aime beaucoup ces deux formules du registre désuet et du registre familier que j'utilise assez régulièrement.

  • "Faire fi" signifie :
    • au sens propre : mépriser, dédaigner.

On dit par exemple : "Une fois de plus, le gouvernement fait fi des difficultés des français les plus défavorisés".

    • et, au sens figuré, : ne pas tenir compte de.

Mais sans idée de mépris, par exemple de façon négligente, ou par convenance, sans connotation méprisante.

On dit par exemple : "Je fais fi de la tendance actuelle et continue d'écrire En tous cas avec un s à tous".

  • et "Fi de" est une ellipse de "Faire fi de" et s'utilise uniquement au sens propre pour signifier "mépriser, dédaigner".

On dit par exemple : "Fi de ces pratiques nauséabondes !".

Source : wiktionary.org

"Faire des émules".

  • Un "émule" (registre soutenu) est une personne qui cherche à en égaler, à en surpasser une autre dans les domaines intellectuel, artistique, sportif.

Ou une personne qui ressemble à quelqu'un d'autre, dont l'oeuvre, la manière d'agir est du même genre, du même style.

  • L'expression du registre soutenu "Faire des émules" signifie par conséquent "susciter l'envie de faire la même chose, attiser la rivalité".

On dit par exemple : "Avec ta nouvelle piscine, tu vas faire des émules dans tout le voisinage !".

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org

"Faire le poids" ou "Ne pas faire le poids"

Cette expression du registre familier, qui relève du domaine de la boxe, signifie, au sens figuré :

  • "soutenir la comparaison, être de taille,  être de force à s'opposer à quelque chose, pouvoir rivaliser, supporter la comparaison",

On dit par exemple : "Je doute que notre service commercial puisse faire le poids face à un concurrent aussi agressif".

  • et "ne pas soutenir la comparaison, ne pas être de taille, ne pas être de force à s'opposer à quelque chose, ne pas pouvoir rivaliser, ne pas supporter la comparaison".

On dit par exemple : "Face aux géants états-uniens des nouvelles technologies nos champions tricolores ne font pas le poids".

Source : www.languefrancaise.net

"Faire la manche" ou "Faire la Manche".

Cette locution verbale homophone peut avoir deux significations très différentes selon que le substantif féminin "manche" s'écrit avec ou sans majuscule :

  • "Faire la manche" sans majuscule, est en effet un idiotisme vestimentaire relevant du registre familier signifiant : faire la quête dans les transports ou les lieux publics pour un artiste de rue.

Un musicien faisant la manche sur un trottoirFaire l'aumône

Ou : mendier, pour une personne démunie.

Une personne mendiant dans la rueUne personne faisant la manche dans la rue

  • ou :
    • parcourir le département de la Manche (50), situé dans le Cotentin, en Normandie, à des fins commerciales.

On dit par exemple : "Dès que j'ai fini le Calvados (14), je fais la Manche (50), et après l'Orne (61)".

Localisation du département français de la Manche (50)

    • ou le visiter à des fins touristiques.

On dit par exemple : "L'année dernière nous avons fait la Corse et cette année nous allons faire la Manche".

Localisation du département français de la Manche (50)Carte du département français de la Manche (50)

"Les chiens ne font pas des chats" ou "Les chats ne font pas des chiens", "Bon chien chasse de race" ou "Les corbeaux ne font pas d'agasses".

Les acteurs français Alexandre Brasseur et Claude Brasseur : "Les chiens ne font pas des chats", "Les chats ne font pas des chiens", "Bon chien chasse de race" ou "Les corbeaux ne font pas d'agasses"

Ces différentes expressions proverbiales en forme d'idiotismes animaliers signifient toutes que les enfants ressemblent à leurs parents - aussi bien sur le plan physique que comportemental - et qu'ils héritent de leurs qualités comme de leurs défauts.

Elles sont à rapprocher de plusieurs autres expressions idiomatiques françaises : "Le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre", "La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre" ou "le gland ne tombe jamais loin du chêne".

Ainsi que : "Tel père, tel fils".

L'expression "Les chiens ne font pas des chats" était en 2014 l'expression préférée de 32% des Français, devant "Ne pas être sorti de l'auberge" (20%), selon un sondage commandé par l'hebdomadaire "Le Point", pour un hors-série consacré à ces formules imagées dont raffole le public.

Et l''agasse" ou "agace" est l'ancien nom de la "pie" ou "pie bacarde".

Source : wiktionary.org, www.20minutes.fr et www.linternaute.fr

"Faire du mur" et "Faire le mur".

Ces deux locutions verbales, qui doivent étonner bien des étrangers, ont des significations bien différentes :

  • "Faire du mur" (langage courant) c'est s'entraîner seul au tennis, face à un mur d'entraînement,

Joueur de tennis en train de faire du mur

  • Tandis que "Faire le mur" (registre familier), c'est s'échapper de quelque part ; le plus souvent du logis familial ou d'un établissement scolaire.

"Faire un bail", "Faire une paye" ou "Faire une paie".

Ces expressions du registre familier signifient "faire longtemps, dater d'il y a un bon moment".

On dit par exemple : "Cela fait une paye (ou une paie) que l'on ne m'a pas vu danser" ou "Cela fait un bail que je n'ai pas vu un programme intéressant à la télévision".

L'expression du registre familier "Depuis belle lurette" ou "Il y a belle lurette" possède une signification très proche.

Et il existe encore bien des façons de dire "Depuis très longtemps" ou "Cela fait longtemps".

"Dire un petit bonjour" ou "Faire un petit coucou".

Ces deux expressions du registre familier signifie rendre une visite de courte durée.

On dit par exemple :

  • "Mon neveu est passé me dire un petit bonjour en rentrant du marché".
  • "On passera dimanche vous faire un petit coucou avec nos amis, si vous êtes là".

 

"Faire les gros yeux" à quelqu'un.

Cette expression du registre familier en forme d'idiotisme corporel signifie "lui adresser/lancer un regard noir de mécontentement et de réprobation, et, par extension, lui faire des reproches".

On utilise essentiellement cette tournure vis-à-vis des enfants.

On dit par exemple : "Bien qu'ayant fait les gros yeux à ma fille lorsqu'elle a tiré la langue aux policiers qui venait de m'interpeller, j'ai bien senti que cela les avait légèrement irrité...".

Source : www.linternaute.fr

"Faire cours" ou "Faire court".

Ces deux locutions verbales homophones n'ont naturellement absolument pas la même signification :

  • "Faire cours" c'est "Faire classe, assurer un enseignement".

Dans le cadre de ma croisade en vue de limiter l'emploi du verbe "Faire" (collection "Faire sans" ou : Pour une limitation de l'emploi abusif ou inutile du verbe "Faire") je préconise d'ailleurs l'emploi du verbe "Enseigner" ou de la locution verbale "Donner un cours", plutôt que cette formule "Faire cours".

  • Tandis que "Faire court", c'est "Abréger" ou "Veiller à ne pas faire (trop) long".

"Faire subir les derniers outrages" à quelqu'un.

C'est avoir des relations sexuelles avec quelqu'un.

Il ne s'agit cependant - a priori - que de rapports non consentis.

"Faire subir les derniers outrages" à quelqu'un, c'est donc passer outre la volonté de cette personne et donc, concrètement, la violer !

"Faire feu de tout bois" et "Faire flèche de tout bois".

Ces deux expressions du langage courant en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme militaire signifient :

  • être opportuniste, tenter de mettre à profit tout ce qui se présente,
  • se servir de toutes les ressources dont on dispose, mettre tous les moyens en oeuvre pour réussir.

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org