"S'en mettre plein la lampe", "S'en mettre plein le cornet" ou "S'en mettre plein la panse".

"S'en mettre plein la lampe" et "S'en mettre plein le cornet" sont des locutions verbales relevant du registre populaire.

Et "S'en mettre plein la panse" est une locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire appartenant au registre familier..

  • Les trois formules signifient principalement : manger en quantité, plus qu'à satiété, très copieusement,

"S'en mettre plein la lampe", "S'en mettre plein le cornet" (registre populaire) ou "S'en mettre plein la panse" (registre familier)

  • et "S'en mettre plein la lampe" signifie accessoirement : boire en quantité, plus qu'à satiété, très copieusement.

Picoler ou boire avec excès

Sur le même thème, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Manger" et en particulier "Manger abondamment".

Sources : www.dictionnaire.notretemps.com

"Faire un joueur", "Faire M'Bappé" ou "Faire Messi".

Cette locution verbale relève du registre familier.

Et elle régulièrement utilisée par les journalistes sportifs spécialisés, dans le domaine du football, pour signifier, par ellipse lexicale de "Faire signer un joueur" : recruter un joueur.

"Flagada", "Être tout flagada", "Se sentir tout flagada" ou "Raplapla", "Être raplapla".

Un papa et son bébé "raplaplas" ou "flagadas"

J'aime beaucoup ces deux amusants adjectifs que sont "Flagada" et "Raplapla".

Appartenant au registre familier, tous deux signifient : sans force, sans vigueur, sans énergie ; fatigué, mou, à plat, très faible ; pas en forme, pas très bien ; avachi, flappi.

On dit par exemple : "Je me sens tout flagada, après cette longue marche".

Ou : "Je n'ai presque rien fait ce dimanche, mais je suis raplapla".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être très fatigué".

Enfin, l'ancien collectionneur et amateur de bandes dessinées que je suis ne pouvait pas conclure ce petit article sans évoquer "Le flagada", cet étonnant oiseau imaginaire de couleur jaune vivant exclusivement sur de petits îlots paradisiaques du Pacifique Sud. Dépourvu d’ailes, il se déplace à la façon des hélicoptères par la rotation de deux plumes-hélice. Ses principales activités consistent à manger des pignoufs, dormir et trouver de nouvelles idées pour embêter son compagnon humain Alcide Citrix.

Cette série de bande dessinée belge, créée par Charles Degotte le 16 mars 1961, été publiée dans le journal Spirou à partir du n° 1196 (mini-récit "Prenez garde au Flagada !"). En 1989, le scénariste Bom a aide le créateur pour quelques histoires. Et en 2008, le scénariste Zidrou et le dessinateur Philippe Bercovici on repris la série pour les éditions Glénat.

Au total, une douzaine d'albums, souvent à très faible tirage, sont parus, entre 1981 et 2009, aux éditions Pepperland, M.C Productions, Dargaud, Taupinambour, Le coffre à BD et Glénat.

Mais le Flagada serait aujourd'hui totalement méconnu du grand public si le génial André Franquin, qui adorait ce personnage, ne l'avait souvent dessiné dans sa célèbre série "Gaston Lagaffe" :

  • sur différents posters des bureaux de la rédaction du journal Spirou,
Le Flagada, sur un poster des bureaux de la rédaction du journal Spirou, dans un gag de Gaston Lagaffe, par André Franquin (gag 654, paru dans le n° 1713 du journal, Spirou, du 11 février 1971)
Le Flagada, sur un poster des bureaux de la rédaction du journal Spirou, dans un gag de Gaston Lagaffe, par André Franquin (gag 498, paru dans le n° 1557 du journal, Spirou, du 15 février 1968)
Le Flagada, sur un poster des bureaux de la rédaction du journal Spirou, dans un gag de Gaston Lagaffe, par André Franquin (gag 625, paru dans le n° 1684 du journal, Spirou, du 23 juillet 1970))
Le Flagada, sur un poster des bureaux de la rédaction du journal Spirou, dans un gag de Gaston Lagaffe, par André Franquin (gag 625, paru dans le n° 1684 du journal, Spirou, du 23 juillet 1970)
  • en couverture d'un numéro du journal Spirou, affiché sur un kiosque (gag 654, paru dans le n°1713 du journal Spirou, du 11 février 1971),
  • sous forme d'un mini-ventilateur volant, inventé par Gaston, dont les pales déchiquèteront naturellement les pages du contrat de M. de Mesmaeker ! (gag 718, paru dans le n°1780 du journal Spirou, du 25 mai 1972), et que l'on retrouvera, le temps d'une apparition (gag 782, paru dans le n° 1854 du journal Spirou, du 25 octobre 1973),

Le ventilateur-Flagada, une des innombrables inventions de Gaston Lagaffe

  • et comme déguisement de bal costumé, inventé par Gaston, dans la fameuse série "Mais si on danse ?" (gag 671, publié dans le n° 1730 du journal Spirou, du 10 juin 1971),

Gaston Lagaffe déguisé en Flagada par André Franquin : gag n°671 publié dans le n° 1730 du journal Spirou, du 10 juin 1971

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, wiktionary.org, wikipedia.org, www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr, lebrun.pagesperso-orange.fr et www.bdoubliees.com

"Un concierge" et "Une concierge".

Ce substantif possède différentes significations selon le contexte :

  • "Un concierge" (ou "Une concierge") désigne, au sens propre et dans le langage courant :

    • Dans un hôtel de luxe (palaces, hôtels 4 ou 5 étoiles), l'employé dont les principales fonctions sont d’accueillir, de renseigner et de conseiller les clients (touristes, hommes d’affaires…), qu'il prend en charge avant, pendant et après son séjour.

En amont, le concierge d'hôtel fait en sorte que tout soit prêt et conforme à leurs attentes avant leur arrivée (fleurs, produits et boissons favorites dans la suite...).

Durant leur séjour, il organise tous les détails matériels avec les services de l'hôtel. Il effectue des réservations (restaurant, spectacle, location de voiture, billet d'avion...) et des prises de rendez-vous (coiffeur, esthéticienne, ...), informe et conseille la clientèle sur les activités touristiques.

La maîtrise d'une et même plusieurs langues étrangères est indispensable pour ce métier exigeant qui nécessite d'importantes qualités relationnelles, de la discrétion, de la diplomatie, du tact et un zeste de débrouillardise.

Toujours à l'écoute et au service du client, le concierge d'hôtel doit en effet s'adapter aux goûts, attentes et comportements d'un clientèle, souvent internationale, très diversifiée (touriste, personnalités, homme d'affaires...).

    • Dans un bâtiment administratif ou un immeuble résidentiel : l'employé autrefois chargé de l'ouverture des portes, de la réception et de la distribution du courrier, ainsi que du ménage et de la garde de l'immeuble.

Le bureau du concierge d'immeuble, situé au rez-de-chaussée, à proximité immédiate de la porte, était appelé "Loge" et lui servait souvent de logement.

Une concierge d'imeuble traditionnelle, devant sa loge
Une concierge d'imeuble traditionnelle, devant sa loge
Une concierge d'immeuble traditionnelle, devant sa loge, en tablier
Une concierge d'immeuble traditionnelle, devant sa loge, en tablier

Ce métier a aujourd'hui pratiquement disparu et l'on parle davantage de "gardien", par ellipse de "gardien d'immeuble".

Assigné à un immeuble ou à une résidence constituée de plusieurs bâtiments, le concierge, ou gardien d'immeuble, a pour fonction de garder des bâtiments à vocation professionnelle ou des bâtiments d'habitation. Il accueille et renseigne les visiteurs, mais il lui arrive aussi de prendre en charge la répartition des lettres dans les boîtes dédiées à chaque résident, l'entretien des parties communes (escalier, hall d’entrée, couloir, voire espaces verts), la gestion des poubelles, de petites tâches de maintenance comme le changement des ampoules, voire assurer la protection des bâtiments et des locaux (ouverture et fermeture des portes), éventuellement en effectuant des rondes de surveillance.

Un concierge ou gardien d'immeuble actuel, nettoyant l'entrée

  • tandis que "Une concierge", désigne, dans le registre familier et au sens figuré, de façon péjorative : une personne très bavarde, adorant colporter des commérages, potins et ragots, à l'instar des concierges d'immeuble d'autrefois, souvent réputées d'une curiosité sans égale, surveillant - pour ne pas dire espionnant - depuis leurs loges, les allées et venues de leurs locataires et de leurs visiteurs.

Une concierge curieuse, épiant ses locataires tout autant que leurs visiteurs

Sources : www.cidj.com, www.m-habitat.fr et wikipedia.org

"Aux petits oignons".

Des petits oignons glacés à blanc et à brun (© chefsimon.com)

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme alimentaire signifie, dans le registre familier, au sens figuré :

  • exécuté ou préparé avec beaucoup de soin et d'attention, avec des égards particuliers, en y mettant tout son coeur.

Et donc : agréable, joli, beau, confortable, parfaitement, très bien.

On dit par exemple : "Mes amis parisiens m'avaient préparé un séjour aux petits oignons".

Ou : bien soigné dorlotté, choyé.

On dit par exemple : "J'étais aux petits oignons".

  • ou, tout au contraire, de façon ironique : bâclé, mal fait, fait en dépit du bon sens, ni fait ni à faire ; mal accueilli.

On dit par exemple : "Tu aurais vu le travail : ils m'ont laissé un chantier aux petits oignons !".

Cette formule fait référence aux petits oignons primeur, finement coupés et dorés à la poêle (on parle de "glaçage à blanc et à brun"), que l'on utilise par exemple pour une blanquette de veau traditionnelle ou pour accompagner du foie de veau.

Une assiette de foie de veau aux petits oignons (© lesfoodies.com)
Une assiette de foie de veau aux petits oignons (© lesfoodies.com)

Sources : www.edilivre.com, www.laculturegenerale.com, savour.eu et www.lalanguefrancaise.net

"En être pour ses frais".

Cette locution verbale appartient au registre familier.

Et elle signifie, selon le contexte :

  • au sens propre : ne pas couvrir les dépenses engagées ; avoir investi en vain ; devoir payer, supporter le coût,

On dit par exemple : "Nous avons participé à un petit salon en province pour vendre nos produits mais il n'y avait pratiquement personne : nous en avons été pour nos frais".

  • et au sens figuré : être frustré dans ses espérances ; être déçu, insatisfait, s'être trompé ; ne pas voir ses voeux exaucés ou ses efforts récompensés ; avoir fait des efforts en vain,

On dit par exemple : "J'ai payé une bonne école de commerce à mon fils, mais ce petit crétin n'a pas été capable de passer en deuxième année".

Ou : "Nous avions invité notre voisin par politesse, persuadés qu'il ne pourrait pas venir. Mais cet idiot a reculé son départ en vacances pour pouvoir venir chez nous : nous en avons été pour nos frais !

Sources : www.expressio.fr, www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Un coupe-chou".

Cet amusant substantif masculin appartient au registre familier.

Et il désigne, selon le contexte :

  • un sabre très court, d'environ 0,50 m, porté par les fantassins français de 1831 à 1866,

Un sabre coupe-chou français

  • ou : un rasoir à main,dont il est possible de replier la lame dans le manche.

Un rasoir coupe-chou

Le coupe-chou est principalement utilisé par les hommes pour se raser la barbe. Et donc par les barbiers.

Un barbier, utilisant un "coupe-chou" ou rasoir à main

Ou par les criminels, qui s'en servent pour agresser et menacer leurs victimes, les blesser ou les égorger.

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.linternaute.fr

"Vaï !" ou "Aller vaï !".

Ces deux interjections relèvent du registre familier et elles sont utilisées par les Marseillais et les Provençaux.

Elles signifient tout simplement :

  • "Vaï !" : "Aller !" ou "Vas !",
  • et "Aller vaï !" : "Aller, vas !".

On dit par exemple : "Aide-moi, vaï !".

Ou : "Aller vaï, on se retrouve devant le Vél', comme on a dit".

"Ronger son frein".

Cette locution verbale très ancienne, puisqu'elle semble remonter au XIVe voire au XIIe siècle, relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : contenir difficilement son impatience, supporter avec peine l'inactivité ; être contraint de retenir sa colère, de refouler en soi son dépit face à une situation désagréable.

Elle fait référence au "Frein", ce morceau de la bride, ujourd'hui appelé "Mors", qui entre dans la bouche du cheval et permet de l'arrêter, mais qu'il a tendance à ronger lorsqu'il est contraint de se reposer et perd patience.

Sources : Le Robert, www.expressio.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Le classement vertical".

J'aime beaucoup cette locution nominale du registre familier désignant, par plaisanterie : une méthode de classement radicale, consistant à tout jeter à la poubelle.

Elle est notamment utilisée dans le domaine professionnel, où elle consiste à laisser tomber verticalement, par gravité, les dossiers ou documents indésirables dans la corbeille à papier.

Mais on dit également : "Tu verrais l'état dans lequel mon fils a laissé sa chambre... Le rangement va être vite fait : ça va être classement vertical !".

Source : wiktionary.org

"Ça eut payé !".

L'humoriste français Fernand Raynaud ( 19 mai 1926 - 28 septembre 1973)

Les plus âgés d'entre nous continuent parfois d'utiliser de façon ironique cette formule en forme d'interjection relevant du registre familier, lorsqu'il s'agit de signaler qu'une activité n'est plus aussi lucrative que par le passé.

On dit par exemple :

- "Ça rapporte beaucoup ?",

- "Ça eut payé !".

Comme pour beaucoup d'autres, c'est au génial - et bien injustement oublié - humoriste français Fernand Raynaud que nous devons cette formule, extraite de sa saynète "Le paysan".