"Un casse", "Une casse" et "La casse".

Ces différents substantifs homophonographes mais de genres différents ne doivent surtout pas être confondus :

  • "Un casse" désigne en effet, dans le registre argotique : un cambriolage, et en particulier une attaque de banque à main armée, effectué par des "casseurs".

Des casseurs de banque

  • tandis que "Une casse" désigne, dans le langage courant :
    • autrefois, dans le domaine de l'imprimerie et plus précisément de la typographie :
      • un casier en bois, divisé en casiers contenant l’ensemble des caractères en plomb, bois ou matière plastique d’une même fonte (c’est-à-dire de même corps, style et graisse d’une police donnée).

Un imprimeur devant sa casse

La casse est divisée en cases appelées "cassetins", dont les dimensions et les emplacements (du moins pour les "bas de casse" c'est-à-dire les lettres minuscules, et les signes de ponctuation les plus courants) sont définis par la fréquence d'utilisation des lettres et la commodité d’accès.

Pour chaque police, les caractères les plus fréquemment utilisés - ceux représentant les minuscules - sont rangés à portée de main, donc en bas de la casse. Les capitales se trouvent en haut de la casse. Les casses forment des tiroirs et sont rangées dans un meuble appelé "rang". Et les petites casses, destinées à recevoir des caractères particuliers, ou des blancs, cadrats, cadratins, espaces, interlignes, des filets, des vignettes ou culs-de-lampe, etc., sont appelées "casseaux".

Un meuble d'imprimeur ou "Rang", destiné à ranger les "casses", qui constituent des tiroirs
Un meuble d'imprimeur ou "Rang", destiné à ranger les "casses", qui constituent des tiroirs

L'appellation "bas de casse", utilisée pour désigner l'ensemble des caractères représentant les minuscules, a été reprise dans les polices informatiques.

      • Par extension, on parle de "Casse" pour désigner l'alternative entre "capitale" (ou "majuscule") et "minuscule". La casse est généralement régie par les conventions typographiques, le français exigeant par exemple une majuscule en début de phrase et aux noms propres.
    • et de nos jours, par ellipse : une casse automobile, c'est à dire un entrepôt de ferrailleur spécialisé dans les véhicules accidentés ou hors service appelés "épaves automobiles", appelé "casseur" et faisant généralement le commerce des pièces détachées.

Une casse automobileUne casse automobile

 

  • et "La casse", dans le même langage courant :
    • l'action ou le fait de casser, briser ou détériorer des biens mobiliers, comme par exemple des vitrines ou du mobilier urbain.

Ainsi que le résultat de cette action.

On dit par exemple : "Encore une fois, la manifestation de samedi a dégénéré et il y a eu beaucoup de casseurs et de casse".

    • ou : un objet en vente dans un magasin.

On dit par exemple : "Attention à la casse, les enfants : si vous faites tomber un vase, nous allons devoir le payer !".

    • dans le domaine de la viticulture et de l'oenologie : une altération, dégradation de la couleur du vin.
    • et dans le domaine militiaire : une peine consistant à dégrader un officier.

On dit par exemple : "En agissant ainsi, vous risquez la casse".

Sources : www.linternaute.fr, wikipedia.org et www.cnrtl.fr

 

"Une claquette" ou "Des claquettes".

Attention à la polysémie de ce substantif féminin, qui peut avoir plusieurs significations, puisqu'il désigne, selon le contexte :

  • au sens propredans le langage courant :
    • un instrument articulé permettant de faire du bruit, tel que :
      • une sorte de crécelle, formée de lames de bois fixées autour d'un axe et heurtées, destinée à servir d'avertissement ou de signal de la présence de celui qui l'agite.

Une crécelle en bois

Comme par exemple les lépreux, au Moyen Âge.

Des lépreux agitant leur crécelle, au Moyen Âge

      • dans le domaine religieux : un instrument, également appelé "Claquoir", ressemblant à un livre et formé de deux planchettes reliées par une charnière, que l'on heurte l'une contre l'autre afin de donner un signal, principalement pendant les offices,

Des claquoirs

      • dans le domaine militaire et dans le domaine musical : un instrument de musique militaire, formé de deux lanières garnies de grelots, que l'on frappe ensemble en les tendant brusquement, afin d'imiter le bruit du fouet,

Une claquette ("clap") de cinéma

    • un objet sonore, tel que :
      • des chaussures légères, sans talon, portées à l'intérieur comme à l'extérieur, également appelées "Nu-pieds", et "Chlarpes" ou "Schlaps" par nos amis suisses.

Une claquette de piscineConçues pour être légères et confortables, et pour faciliter la respiration du pied lorsqu'il fait chaud, les claquettes sont surtout utilisées à la plage ou à la piscine, comme les tongs. Elles se distinguent de ces dernières par leur lanière d'empeigne, qui ne sépare pas le gros orteil du reste des orteils du pied.

Une tong
Une tong

Cette empeigne peut être lisse et continue ou bien avoir des attaches, comme des boucles ou des velcros :

Une claquette avec boucle
Une claquette avec boucle
Une claquette avec velcro
Une claquette avec velcro

Mais, à l'inverse des babouches et des mules, qui sont fermées à l'avant, les claquettes ne sont jamais fermées à l'avant, laissant les orteils apparents et à l'air libre.

Une paire de babouches marocaines en cuir
Des babouches
Une mule (chausson)
Une mule

Enfin, on notera que, dans la langue française couramment parlée en Nouvelle-Calédonie (988), ce terme de "Claquettes" désigne les "Tongs".

      • des plaques métalliques fixées à la pointe et au talon des chaussures, jouant le rôle d'instruments à percussion, et permettant d'exécuter des pas de danse rythmés,

Des chaussures équipée de claquettes

On dit par exemple :"Le numéro de claquettes de ce danseur était époustouflant".

    • en football : un geste du gardien de but, lorsqu'il arrête un tir ou éloigne le danger de sa cage en claquant le ballon d’une main,

Une claquette du gardien de but, en football

    • et en basket-ball : l'action de remettre la balle dans le panier sur un rebond offensif après un tir manqué, sans reprendre appui au sol,

Une claquette, en basket-ball

  • et au sens figuré, dans le registre familier : une personne très bavarde.

On dit par exemple : "Ma concierge est une vraie claquette".

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Une addition salée", "Une facture salée" ou "Une note salée".

Ces différentes locutions nominales en forme d'idiotismes alimentaires relèvent du registre populaire.

Et elles désignent, au sens figuré : une addition, une facture ou une note dont le montant est élevé, important.

Et plutôt supérieur à ce que l'on avait imaginé.

On dit par exemple : "Eh bien, elle est salée cette addition : je ne risque pas de revenir dormir dans cet hôtel".

"Dévolu" et "Le dévolu".

Cet adjectif et ce substantif ne doivent pas être confondus car ils possèdent des significations bien distinctes :

  • l'adjectif "Dévolu" est, au sens propre, un terme juridique signifiant : attribué, acquis, réservé en vertu d'un droit.

On dit par exemple : "Il s'agit d'un droit exclusivement dévolu aux ministres".

  • et, par extension, dans le langage courant : attribué, réservé.

On dit par exemple : "Le petit bassin est dévolu aux enfants ou aux adultes les accompagnant".

  • tandis que le substantif "Le dévolu" désigne, au sens propre, en droit canon : l'attribution d'un bénéfice vacant par absence des qualités ou des titres requis du possesseur.

On dit par exemple : "Il a obtenu cet avantage par dévolu".

  • ou, par extension, dans le langage courant : un choix sur (quelque chose ou quelqu'un) effectué avec la ferme intention de l'obtenir ou de la conquérir.

On dit par exemple : "Mon frère a jeté son dévolu sur la secrétaire de son patron".

Source : www.cnrtl.fr

"Un casseur".

Ce substantif masculin polysémique désigne, selon le contexte :

Un casseur automobile

  • celui qui casse ou détériore des biens mobiliers tels que du mobilier urbain, ou un objet en vente dans un magasin.

Un casseur de vitrrine, en marge d'une manifestation

  • ou celui qui cambriole, et notamment qui attaque à main armée des établissements bancaires.

Des casseurs de banque

"Envoyer sur les roses".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme botanique relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : éconduire, renvoyer ou repousser (un solliciteur), ne pas accéder à la demande d'une personne ; l'envoyer promener (registre familier).

On dit par exemple : "Je l'ai envoyé sur les roses lorsqu'il m'a à nouveau demandé de l'argent".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander mon article consacré à toutes les façons de dire "Envoyer balader" quelqu'un en français.

"La vente au parapluie".

Cette curieuse locution nominale féminine désigne : la vente, pratiquée à la sauvette dans les lieux publics, de menus objets présentés dans un parapluie ouvert et renversé.

Celui-ci peut en effet être très rapidement refermé et emporté avec tout son contenu, afin de s'enfuir rapidement en cas de contrôle policier.

Source : www.cnrtl.fr

"Faire une carte de France".

Cette locution verbale relève du registre désuet.

Et elle désigne, au sens figuré : une tache de sperme résultant d'une éjaculation nocturne.

On la retrouve notamment dans l'excellent film français "Que la fête commence", réalisé en 1975 par le regretté Bertrand Tavernier, avec trois de mes acteurs français préférés dans les premiers rôles : Philippe Noiret, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle.

Dans ce film, en effet, son grand-oncle, le régent (Philippe Noiret) s'extasie devant la précocité du jeune roi Louis XV, auteur d'une carte de France a seulement 9 ans.

 

"Un gros cube".

Ce curieux substantif masculin, qui ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants, relève du registre argotique.

Et il désigne : une moto de forte cylindrée (supérieure à 500 cm3), également appelée "grosse cylindrée", dans le registre familier.

La présence du mot "cube" s'explique par le fait que la cylindrée des moteurs s'exprime en cm3 (centimètres cubes).

Source : www.larousse.fr

"Faire un joueur", "Faire M'Bappé" ou "Faire Messi".

Cette locution verbale relève du registre familier.

Et elle régulièrement utilisée par les journalistes sportifs spécialisés, dans le domaine du football, pour signifier, par ellipse lexicale de "Faire signer un joueur" : recruter un joueur.

"Un concierge" et "Une concierge".

Ce substantif possède différentes significations selon le contexte :

  • "Un concierge" (ou "Une concierge") désigne, au sens propre et dans le langage courant :

    • Dans un hôtel de luxe (palaces, hôtels 4 ou 5 étoiles), l'employé dont les principales fonctions sont d’accueillir, de renseigner et de conseiller les clients (touristes, hommes d’affaires…), qu'il prend en charge avant, pendant et après son séjour.

En amont, le concierge d'hôtel fait en sorte que tout soit prêt et conforme à leurs attentes avant leur arrivée (fleurs, produits et boissons favorites dans la suite...).

Durant leur séjour, il organise tous les détails matériels avec les services de l'hôtel. Il effectue des réservations (restaurant, spectacle, location de voiture, billet d'avion...) et des prises de rendez-vous (coiffeur, esthéticienne, ...), informe et conseille la clientèle sur les activités touristiques.

La maîtrise d'une et même plusieurs langues étrangères est indispensable pour ce métier exigeant qui nécessite d'importantes qualités relationnelles, de la discrétion, de la diplomatie, du tact et un zeste de débrouillardise.

Toujours à l'écoute et au service du client, le concierge d'hôtel doit en effet s'adapter aux goûts, attentes et comportements d'un clientèle, souvent internationale, très diversifiée (touriste, personnalités, homme d'affaires...).

    • Dans un bâtiment administratif ou un immeuble résidentiel : l'employé autrefois chargé de l'ouverture des portes, de la réception et de la distribution du courrier, ainsi que du ménage et de la garde de l'immeuble.

Le bureau du concierge d'immeuble, situé au rez-de-chaussée, à proximité immédiate de la porte, était appelé "Loge" et lui servait souvent de logement.

Une concierge d'imeuble traditionnelle, devant sa loge
Une concierge d'imeuble traditionnelle, devant sa loge
Une concierge d'immeuble traditionnelle, devant sa loge, en tablier
Une concierge d'immeuble traditionnelle, devant sa loge, en tablier

Ce métier a aujourd'hui pratiquement disparu et l'on parle davantage de "gardien", par ellipse de "gardien d'immeuble".

Assigné à un immeuble ou à une résidence constituée de plusieurs bâtiments, le concierge, ou gardien d'immeuble, a pour fonction de garder des bâtiments à vocation professionnelle ou des bâtiments d'habitation. Il accueille et renseigne les visiteurs, mais il lui arrive aussi de prendre en charge la répartition des lettres dans les boîtes dédiées à chaque résident, l'entretien des parties communes (escalier, hall d’entrée, couloir, voire espaces verts), la gestion des poubelles, de petites tâches de maintenance comme le changement des ampoules, voire assurer la protection des bâtiments et des locaux (ouverture et fermeture des portes), éventuellement en effectuant des rondes de surveillance.

Un concierge ou gardien d'immeuble actuel, nettoyant l'entrée

  • tandis que "Une concierge", désigne, dans le registre familier et au sens figuré, de façon péjorative : une personne très bavarde, adorant colporter des commérages, potins et ragots, à l'instar des concierges d'immeuble d'autrefois, souvent réputées d'une curiosité sans égale, surveillant - pour ne pas dire espionnant - depuis leurs loges, les allées et venues de leurs locataires et de leurs visiteurs.

Une concierge curieuse, épiant ses locataires tout autant que leurs visiteurs

Sources : www.cidj.com, www.m-habitat.fr et wikipedia.org