"Basique" n'a jamais signifié "De base" ni élémentaire en français !

Mais en anglais !

En français, l'adjectif "Basique" se dit exclusivement, selon le contexte :

  • d'un corps, d'un milieu qui présente les caractères d'une base,
  • d'un milieu dont le pH est supérieur à 7,
  • des sels correspondant à une neutralisation incomplète d'une polybase,
  • ou des oxydes donnant des bases en solution.

La mauvaise utilisation de l'adjectif "Basique" par de plus en plus de français résulte probablement - encore une fois, malheureusement - du succès d'une "chanson" inepte de rappeur décérébré, dont les radios et télévisions se plaisent à répandre avec complaisance la prose dégénérée :

"Basique" Orelsan (2017)

"Ok, j'vais demander à Skread de faire une instru simple
Parce que je vais dire des trucs simples
Parce que vous êtes trop cons
Ok, simple, basique, basique

Ok, les gens les plus intelligents sont pas toujours ceux qui parlent le mieux (simple)
Les hommes politiques doivent mentir sinon tu voterais pas pour eux (basique)
Si tu dis souvent qu't'as pas d'problème avec l'alcool, c'est qu't'en as un (simple)
Faut pas faire un enfant avec les personnes que tu connais pas bien (basique)
Les mecs du FN ont la même tête que les méchants dans les films (simple)
Entre avoir des principes et être un sale con, la ligne est très fine (basique)
Hugo Boss habillait des Nazis, le style a son importance (simple)
Les dauphins sont des violeurs, ouais, méfie-toi des apparences (basique)

Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Vous n'avez pas les bases, vous n'avez pas les bases
Vous n'avez pas les bases, vous n'avez pas les bases
Si c'est marqué sur internet, c'est p't-être faux mais c'est p't-être vrai (simple)
Illuminatis ou pas, qu'est-ce que ça change? Tu t'fais baiser (basique)
À l'étranger, t'es un étranger, ça sert à rien d'être raciste (simple)
Les mecs les plus fous sont souvent les mecs les plus tristes (basique)
Cent personnes possèdent la moitié des richesses du globe (simple)
Tu s'ras toujours à un ou deux numéros d'avoir le quinté dans l'ordre (basique)
Si t'es souvent seul avec tes problèmes, c'est parce que souvent l'problème c'est toi (simple)
Toutes les générations disent que celle d'après fait n'importe quoi (cliché)
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Vous n'avez pas les bases
Vous n'avez pas les bases
Vous n'avez pas les bases
Vous n'avez pas les bases
Basique, simple, vous n'avez pas les bases
Basique, simple, vous n'avez pas les bases
Basique, simple, vous n'avez pas les bases
Basique, simple, vous n'avez pas les bases
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, vous n'avez pas les bases".
Vous vous en doutez bien, c'est sans hésitation que je décerne à cette "chanson" mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".
Sources : www.larousse.fr et www.lyricfind.com

On ne dit pas : "Enthousiaste, la jeune femme - qui adore les sportifs - s'agite et tressaute en cadence sur les gredins" !

Mais bien sûr : "Enthousiaste, la jeune femme - qui adore les sportifs - s'agite et tressaute en cadence sur les grAdins" !

Il s'agit naturellement d'une coquille.

À moins bien sûr que l'on n'évoque la jeune Zahia. !

"Le big tour 2020 : une tournée qui mélange la French Tech, la French Fab, la French Touch, la French Generation" !

Tel est l'invraisable slogan qu'a osé nous infliger dans ses publicités télévisées de juillet 2020 BPI France, l'organisme français de financement et de développement des entreprises.

Et cela, afin de promouvoir une tournée, sur tout le littoral français, de 22 dates dans 21 villes, du 29 juillet au 19 septembre 2020, destinée à faire découvrir le savoir-faire entrepreneurial français.

Dire : "La grande tournée 2020 associe la Technologie française, la Fabrication française, la Patte française ET la Génération France" ne leur est apparemment pas venu à l'esprit.

Parce que tenter de compenser la médiocrité de son discours ou de ses propos en parlant anglais est pour moi l'apanage des sots et pour cet inqualifiable et insupportable ramassis d'anglicismes qui me donne la nausée, je leur décerne mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

Source : www.bpifrance.fr

"L'ophiophobie", "L'ophidiophobie" et "L'herpétophobie".

Le plus grand nid de serpents au monde : environ 70 000 serpents-jarretières (ou couleuvres rayées), près des villages de Narcisse et d'Inwood (Manitoba) (Canada)

Ces trois substantifs féminins désignent une peur excessive de certaines catégories d'animaux.

  • "L'ophiophobie" et "L'ophidiophobie" sont deux termes parfaitement synonymes correspondant à une peur excessive des serpents.

Dans "Les aventuriers de l'arche perdue" de Steven Spielberg (1981), on découvre qu'Indiana Jones est ophiophobe (ou ophidiophobe).

Et Spielberg nous révèle, en 1989, dans le prologue de "Indiana Jones et la dernière croisade", le troisième volet de la saga, l'origine de cette peur.

  • tandis que "L'herpétophobie" désigne une peur excessive de l'ensemble des reptiles en général et pas seulement des serpents.

Ainsi, le lézard ou le caméléon -qui vont effrayer un herpétophobe - ne feront pas peur à un ophiophobe ou à un ophidiophobe.

En revanche, un ophiophobe, un ophidiophobe et un herpétophobe ont tous les trois la même phobie des serpents.

Et ne donc seront guère enclins à aller se promener dans le plus grand rassemblement de serpents du monde, près des villages de Narcisse et d'Inwood (Manitoba) (Canada), où se trouvent rassemblés environ 70 000 serpents-jarretières (également appelés couleuvres rayées). Pourtant, ces charmants petits serpents (j'en ai, un temps possédé une demi-douzaine...) ne sont absolument pas venimeux !

Source : wiktionary.org

"Bring M. Backalive".

J'adore le nom de ce chasseur de fauves, obsédé par la capture du fameux marsupilami, créé le 1er juillet 1965 dans le récit complet "La cage", par le génial André Franquin, assisté du grand Will.

Le chasseur de fauves Bring M. Backalive dans le récit complet "La cage" d'André Franquin et Will (1er juillet 1965)

Pour le savourer, il faut bien entendu lire son nom à voix haute et "à l'anglaise" (brigne-èm-bak-eu-laï-ve), puisque cela donne... "Bring'em back alive", autrement dit "Ramenez les vivants" en français ; une consigne donnée aux chasseurs de fauves par les jardins zoologiques.

Malheureusement, nombre d'enfants ou de personnes ne maîtrisant pas l'anglais ne sont pas à même de comprendre ce jeu de mots, qu'ils ne remarquent donc pas.

Par ailleurs, je pense que beaucoup de gens ignorent - même parmi tous ceux qui ont perçu ce superbe calembour - c'est qu'il est, bien sûr, directement fondé sur le titre du film états-uniens de Clyde E. Elliott, "Bring'em back alive".

Affiche du film états-unien "Bring'em back alive" ("Seigneurs de la jungle") de Clyde E. Elliott (1932)
Affiche du film états-unien "Bring'em back alive" ("Seigneurs de la jungle") de Clyde E. Elliott (1932)
Affiche du film états-unien "Bring'em back alive" ("Seigneurs de la jungle") de Clyde E. Elliott (1932)
Affiche du film états-unien "Bring'em back alive" ("Seigneurs de la jungle") de Clyde E. Elliott (1932)

Le film est sorti en France et en Belgique en 1932 sous le titre "Seigneurs de la jungle", mais l'affiche américaine a également circulé en Belgique, et Franquin (3 janvier 1924 - 5 janvier 1997), alors âgé de huit ans, l'a manifestement vu, comme tous les jeunes belges de son âge.

Affiche du film états-unien "Seigneurs de la jungle" ("Bring'em back alive") de Clyde E. Elliott (1932), improprement attribué à "Franck Buck", son héros principal et l'auteur du roman qui l'a inspiré (dont le nom s'orthographie par ailleurs "Frank" et non "Franck" avec un "c"...).
Affiche du film états-unien "Seigneurs de la jungle" ("Bring'em back alive") de Clyde E. Elliott (1932), improprement attribué à "Franck Buck", son héros principal et l'auteur du roman qui l'a inspiré (dont le nom s'orthographie par ailleurs "Frank" et non "Franck" avec un "c"...).

Le film était tiré du roman éponyme écrit en 1930 par Frank Buck (*), un célèbre aventurier, chasseur et collectionneur états-unien des années 1930 et 1940.

Photographie dédicacée de l'aventurier, chasseur, écrivain et acteur états-unien Frank Buck (17 mars 1884 - 25 mars 1950)
Photographie dédicacée de l'aventurier, chasseur, écrivain et acteur états-unien Frank Buck (17 mars 1884 - 25 mars 1950)
L'équipe de tournage du film, prête à partir pour le tournage en extrême orient, avec, de droite à gauche : le héros du film Frank Buck lui-même et le réalisateur Clyde E. Elliott. Par publicity portrait, photographer unknown — New York Public Library, Domaine public
L'équipe de tournage du film, prête à partir pour le tournage en Extrême-Orient, avec, de droite à gauche : le héros et narrateur du film Frank Buck lui-même et le réalisateur Clyde E. Elliott. Par publicity portrait, photographer unknown — New York Public Library, Domaine public

Le film sera ensuite repris - toujours sous ce nom de "Bring'em back alive" - sous forme de feuilleton télévisé, en 1982, afin de profiter du phénoménal succès remporté par le film de Steven Spielberg "Les aventuriers de l'arche perdue", avec Harrison Ford dans le rôle d'Indiana Jones, sorti l'nnée précédente, en 1981.

Créé par Frank Cardea et George Schenk, ce feuilleton d'aventures exotiques se déroulant, elle aussi, dans l'Entre-deux-guerre, fut diffusé sur CBS entre le 24 septembre 1982 et le 31 mai 1983, et comportait un téléfilm pilote de 90 minutes et 16 épisodes de 47 minutes.

En France, il a été diffusé à partir du 13 novembre 1983 sur TF1 sous le titre "Frank, chasseur de fauves", et rediffusé sous le titre "L'aventurier de la jungle", en 1992, sur Antenne 2.

Les héros du feuilleton états-unien "Frank, chasseur de fauves" (1982-1983)
Les héros du feuilleton états-unien "Frank, chasseur de fauves" (1982-1983)

Avec un générique chanté parfaitement dans l'esprit de ces années-là (celui de "Dallas" et de son "Univers impitoya-a-ble" ne datait alors que de 4 ans) qui fait saigner les oreilles (paroles ET musique)...

(*) Et Edward Anthony (4 août 1895 - 16 août 1971), journaliste et écrivain états-unien.

Source : wikipedia.org

On ne dit pas : "Les lavallois se mettent en risque de 135 euros" !

Florian Bercault, maire DVG (DiVers Gauche) de Laval (53)

Comme l'a déclaré le maire DVG de Laval (53), Florian Bercault, le 20 juillet 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu CNews.

Mais : "Les lavalois ENCOURENT UNE AMENDE de 135 euros" !

Comment un diplômé de l'IEP Paris ("Sciences Po") et HEC Paris peut-il s'exprimer aussi pitoyablement, sinon parce qu'il a été biberonné à la novlangue et que ce jeune élu "des territoires", récemment "arrivé en responsabilité" n'est plus "en capacité" de dire les choses telles qu'elles sont et de parler clairement, normalement.

Comme en aurait certainement été capable un jeune élu de province, récemment arrivé au pouvoir, il y a à peine 20 ans.

"L'AFNOR".

Cet acronyme désigne l'Association Française de NORmalisation, l'organisme représentant la France auprès de l'Organisation internationale de normalisation (ISO) et du CEN (Comité Européen de Normalisation)

La pandémie de maladie à coronavirus 2019 du printemps 2020 a, je crois, largement contribué à faire connaître le nom de cet organisme, jusqu'alors relativement peu connu du grand public.

Créé le 22 juin 1926, son nom figurait pourtant depuis sur de très nombreux produits.

Mais c'est, je crois, l'établissement de la norme AFNOR SPEC S76-001, du 27 mars 2020, concernant les masques de protection alternatifs (fabriqués soit-même ou DIY) en tissu et lavables, qui a véritablement popularisé le nom de cette vénérable institution auprès du plus grand nombre.

Souvenirs personnels

À titre personnel, j'ai découvert cet organisme en 1978, à l'occasion d'un petit boulot d'été dans la société où travaillaient mes parents.

Àgé de dix-sept ans, on m'avait en effet demandé de mettre en place un classement des dossiers fournisseurs à l'aide de dossiers suspendus. Et comme l'entreprise comptaient plusieurs milliers de fournisseurs et que la tâche s'annonçait ardue, j'avais pris contact avec l'AFNOR afin de connaître les règles de classement en vigueur.

Car il n'y avait évidemment pas à l'époque de sites internet sur lesquels se renseigner et, même dans cette importante société, l'informatique était encore balbutiante et ne servait guère qu'aux ressources humaines et à la comptabilité. Ce qui m'a tout de même permis d'être parmi les premiers jeunes français à pouvoir commencer à tapoter sur un clavier !

Bref : j'avais ainsi appris que - tel Monsieur Jourdain maîtrisant la prose sans même le savoir - je pratiquais déjà, de manière intuitive, le classement alphabétique AFNOR depuis des années avec mes collections de livres.

En ne tenant pas compte, notamment, des articles figurant au début des titres. Ce qui évite de se retrouver avec 30 à 60% de ses livres (ou films, s'il s'agit de cassettes vidéo ou de DVD) classés à "D" (pour "De" et "Des"), "L" (pour "La", "Le" ou "Les") et "U" (pour "Un" ou "Une")...

Près de vingt ans plus tard, je me trouve un samedi après-midi chez des amis, dont la fille de 3 ans a exactement le même âge que la mienne et que nous voyons donc régulièrement, afin qu'elles jouent ensemble.

Nous discutons entre adultes dans la cuisine devant un cappuccino, tandis que les fillettes jouent dans le salon.

Soudain, un son incroyablement élevé en provenance du salon nous fait sursauter et renverser nos tasses ! Nous nous précipitons dans ladite pièce, pour découvrir les deux gamines plaquées contre le canapé, brandissant des coussins devant leur visage, afin de se "cacher"...

Mon ami se rue vers sa chaîne haute-fidélité, afin de l'éteindre, et s'en prend aussitôt à sa fille pour la sermonner, tandis que je fais de même avec la mienne.

Celle-ci est toute penaude, car c'est elle qui a joué avec le bouton du volume, qu'elle a tourné à son maximum, avant d'actionner celui de mise en marche... ce que ne manque pas de dénoncer sa petite copine.

Mais, tandis que je fais la leçon à ma fille, celle de mes amis en rajoute une couche en ajoutant : "Et en plus elle a mis tout l'bazar dans mes cassettes de Disney !".

Cassettes VHS Disney

Ce que confirme aussitôt son père : "Oui c'est vrai, ça Jean-Pierre : ta fille a complètement dérangé tous les films : ils sont complètement en désordre alors que je les avais moi-même reclassé hier soir...".

Un peu agacé, car - d'où je suis, en tous cas - la vidéothèque en question me semble plutôt très correctement rangée, je le prie d'accepter mes excuses si ma fille a dérangé son classement... Tout en lui signalant que cela me semble assez étonnant, compte tenu de la rigueur avec laquelle elle range scrupuleusement tous ses jeux, jouets, livres et cassettes et respecte le classement que j'effectue chez nous...

Sur quoi ma fille rétorque de sa voix de stentor : "C'est même pas vrai que j'ai mis tout l'bazar : c'est eux qui z'ont tout rangé en bazar et c'est moi qu'a tout rangé bien dans l'ordre !".

Comme je vérifie l'ordre de classement des films d'animation en question, je constate qu'elle dit vrai et fait remarquer à mon ami que les cassettes sont en effet parfaitement classées.

- "Mais non - m'affirme t-il alors - regarde : LA belle au bois dormant et LA belle et la bête sont juste avant BLanche Neige et les sept nains !".

- "Eh bien oui, c'est parfaitement normal : elles sont classées AFNOR ; sans tenir compte des articles du début, qui faussent tout, puisque tu te retrouves avec énormément des titres commençant par L pour La, Le ou Les....".

- "OK ! Et tu veux me faire croire que ta fille de trois ans SAIT DÉJÀ LIRE ET qu'elle connaît le classement AFNOR ?".

Et celle-ci de répondre elle-même : "Je sais pas lire ! Mais c'est pas compliqué pour ranger les cassettes ici parce que c'est toutes les mêmes que chez mon papa !".

CQFD.

Les chiens ne font pas des chats !

"Poli".

Ce petit mot homophonographe du langage courant peut être, selon le contexte :

  • un adjectif signifiant : qui respecte les règles de la politesse, des bienséances.

On dit par exemple : "Cet élève est très poli" ou "On m'a adressé un courrier fort poli m'enjoignant de ne plus écouter La chevauchée des Walkyries aussi fort au delà de 22 heures".

  • ou : le participe passé du verbe "polir" signifiant :
    • uni, lisse et luisant, pour une surface.
    • On dit par exemple : "Le courant du fleuve avait poli les galets".
    • poncé, pour une surface.

On dit par exemple : "J'ai fait l'acquisition d'un superbe petit guéridon poli par les ans".

    • astiqué.

On dit par exemple : "Ma grand-mère avait littéralement poli ses buffets en les astiquant quotidiennement".

    • plus châtié, plus élégant, aussi parfait que possible, pour un énoncé, un style.

On dit par exemple : "Avec les années, l'auteur provocateur d'il y a une ou deux décennies a poli son style".

    • initié aux règles de la civilité, de la bienséance, pour une personne.

On dit par exemple : "Comme cela était souvent le cas, le jeune valet avait été poli par le vieux majordome".

"La chevauchée des Walkyries" de Richard Wagner (1856)

Son utilisation par Francis Ford Coppola dans la désormais mythique scène d'attaque par hélicoptères du film états-unien "Apocalypse now", en 1979.

"Tout va très bien, Madame la marquise".

J'adore cette expression proverbiale utilisée pour désigner une attitude d'aveuglement face à une situation désespérée et une tentative maladroite d'en dissimuler la gravité.

Entrée depuis longtemps dans le langage courant, elle appartient même désormais, hélas, je crois, au registre désuet, car son usage me semble réellement se raréfier.

Il s'agit, à l'origine, du titre et du refrain d'une drolatique chanson de 1935 de Paul Misraki, devenue l'un des plus grands succès de l'orchestre de Ray Ventura et ses collégiens.

Écoutez la donc : vous ne serez pas déçus, je crois, car elle n'a - à mes yeux tout du moins - pas pris une ride ! L'énumération des catastrophes progressivement annoncées par quatre domestiques à leur maîtresse est tout aussi hilarante et édifiante que leur façon d'en minorer complètement l'importance.

Un vrai délice qui a merveilleusement traversé le temps !

La chanson interprétée par Ray Ventura et ses collégiens (1935)

Paroles

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Absente depuis quinze jours,
Au bout du fil,
Je vous appelle ;
Que trouverai-je à mon retour ?

Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Un incident, une bêtise,
La mort de votre jument grise,
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô Martin !
Quelles nouvelles ?
Ma jument grise morte aujourd'hui !
Expliquez-moi,
Cocher fidèle,
Comment cela s'est-il produit ?

Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Elle a péri
Dans l'incendie
Qui détruisit vos écuries.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô Pascal !
Quelles nouvelles ?
Mes écuries ont donc brûlé ?
Expliquez-moi
Mon chef modèle,
Comment cela s'est-il passé ?

Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Si l'écurie brûla, Madame,
C'est qu'le château était en flammes.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô Lucas !
Quelles nouvelles ?
Notre château est donc détruit !
Expliquez-moi
Car je chancelle
Comment cela s'est-il produit ?

Eh bien ! Voila, Madame la Marquise,
Apprenant qu'il était ruiné,
A peine fut-il rev'nu de sa surprise
Que M'sieur l'Marquis s'est suicidé,
Et c'est en ramassant la pelle
Qu'il renversa toutes les chandelles,
Mettant le feu à tout l'château
Qui s'consuma de bas en haut ;
Le vent soufflant sur l'incendie,
Le propagea sur l'écurie,
Et c'est ainsi qu'en un moment
On vit périr votre jument !
Mais, à part ça, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.

Une chanson présente dans les aventures de Tintin

Comme me l'a fort justement rappelé un vieil ami à moi, le grand Hergé lui-même fait référence à cette chanson, déjà devenue une expression en 1948, treize ans après sa sortie.

"Le temple du soleil", 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")
"Le temple du soleil", 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")

Dans l'album "Le temple du soleil", alors que Tintin et Haddock sont condamnés au bûcher par les incas, le capitaine, entendant Tintin - qui a un plan pour les tirer d'affaire - lui dire : "Tout va bien !", lui rétorque en effet : "Tout va très bien !... Tout va très bien, Madame la marquise !...".

Case extraite "Le temple du soleil", le 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")

 Souvenir personnel :

J'ai personnellement découvert cette petite merveille très jeune, mais de façon indirecte, grâce à la superbe parodie qu'en avait réalisé, en 1971, l'idole de mes dix ans, Thierry Le Luron : "Tout va très bien, Pompon ça s'organise".

Le deuxième 33t de Therry Le Luron (1971)

Dans celle-ci, dont un demi-siècle plus tard je me souviens encore de la plupart des paroles, tant j'ai pu l'écouter et la réécouter, le jeune imitateur de 19 ans faisait appeler le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas par le président de la République Georges Pompidou.

Source : wikipedia.org

"Nous n'avons pas les mêmes valeurs".

"Nous n'avons pas les mêmes valeurs" : publicité télévisée pour Bordeau Chesnel

Cette phrase culte est apparue sur nos écrans de télévision en 1986 et a généré depuis toute une saga de publicités télévisées.

Au point de faire entrer l'expression dans le langage courant.

Il s'agit du slogan publicitaire de "Bordeau Chesnel", la marque grand public de rillettes du Mans de la société LDC, filiale à 100% du groupe agroalimentaire  français Soparind Bongrain, devenu le Groupe Savencia en 2015.

"Nous n'avons pas les mêmes valeurs" : publicité télévisée pour Bordeau Chesnel

Inchangé depuis 1986, ce slogan est directement associé à l'actrice Marie-Hélène Lentini depuis 2004.

La première publicité avec l'huissier (1986)

Cette mise en scène d'un "huissier" dans le premier message publicitaire télévisé de la société LDC est particulièrement savoureuse lorsque l'on sait que ladite société résulte de la fusion, en 1973, de deux sociétés de charcuterie industrielle de la Sarthe (72) :

  • Bordeau Chesnel, créée en 1922, à Yvré-l'Évêque (72), par Jules Bordeau et Marie-Louise Chesnel,
  • et... Luissier, créée en 1900, au Mans (72), par Albert et Blanche Luissier !

Les deux sociétés réunies sont alors devenues LDC pour Luissier Bordeau Chesnel.

Sources : wikipedia.org, www.perche-sarthois.fr, www.journaldunet.com et www.lsa-conso.fr

 

"Le R0" ou "Le R zéro", "Le Re" ou "Le R e" et "Le Rt" ou "Le R t".

Ces mystérieuses appellations désignent des indicateurs épidémiologiques devant être interprétés avec précaution et correspondant respectivement :

  • pour le R0 (Ratio zéro): au nombre de reproduction DE BASE d'un virus, AVANT le déclenchement d'une épidémie.

Celui-ci indique le nombre moyen de nouveaux cas d’une maladie qu’une seule personne infectée et contagieuse va générer en moyenne dans une population sans aucune immunité.

Le R0 de la "Covid-19" était estimé, début 2020, en Chine, à 3,28 en moyenne. Ce qui signifie qu’une personne infectée par la maladie à coronavirus 2019 aurait infecté en moyenne 3,28 nouvelles personnes.

Le R0 dépend principalement de trois facteurs :

    • la durée de la contagiosité après infection,
    • la probabilité d’une infection après un contact entre une personne infectée et une personne non immunisée,
    • et la fréquence des contacts humains.

Plus ces trois facteurs sont élevés, plus le R0 sera important. Si celui-ci reste inférieur à 1, l’agent pathogène infectera moins d’une personne en moyenne par cas, et finira par disparaître.

En revanche, si le R0 est supérieur à 1, cela signifie que le pathogène réussira à infecter davantage de personnes, provoquant une épidémie.

  • et pour le Re (Ratio effectif) ou le Rt (Ratio temporel): au nombre de reproduction EFFECTIF ou TEMPOREL d'un virus PENDANT une épidémie, qui est donc variable.

Ce Re (ou Rt) correspond au nombre de nouveaux cas qu’une seule personne infectieuse va générer en moyenne à un instant T dans une population composée à la fois de personnes non immunisées et de personnes immunisées.

Alors que le R0 désigne le taux de reproduction au tout début d’une épidémie, le Re (ou Rt) est un taux de reproduction qui évolue pendant l’épidémie en fonction des mesures de contrôle : cconfinement, distanciation physique, mesures d’hygiène, etc.

Aussi, lorsque la presse évoque un " R0 qui remonte" dans une ou plusieurs régions, c’est à tout le moins un abus de langage, pour ne pas dire une absurdité... car il s’agit en réalité du Re (ou Rt) !

Le Re (ou Rt) peut être constamment recalculé afin d’estimer la dynamique de l’épidémie et de projeter son évolution. Le but des autorités sanitaires est de faire baisser au maximum ce taux et de le maintenir en dessous de 1, afin de contrôler l’épidémie, puis de la stopper.

En France, ce taux effectif (ou temporel) a été largement réduit par le confinenent et par les mesures de distanciation physique prises à compter du 17 mars 2020., puisqu'il est passé de plus de 3 à environ 0,5.

Avant de remonter à plus de 1 vers le 10 juillet.

Le Re (ou Rt) peut rebondir, parfois artificiellement, sans que la situation épidémique ne connaisse d’évolution. Une campagne de dépistage massive risque en effet de faire croître le nombre de cas détectés sur une période et de faire remonter le Re (ou Rt) simplement parce que l’on aura une meilleure mesure de l’étendue de l’épidémie.

Le taux de reproduction n’est donc pas un indicateur suffisant et doit s’apprécier aux côtés d’autres données.

Source : www.lemonde.fr