"Prendre dans ses rets".

Le substantif masculin pluriel "Rets", qui appartient au registre désuet et n'existe pas au singulier, désigne : un filet, un ouvrage de corde ou de fil, noué par mailles utilisé pour prendre du poisson ou des oiseaux.

La locution verbale du registre désuet "Prendre dans ses rets", que ses utilisateurs actuels n'utilisent qu'au sens figuré, signifie par conséquent : faire tomber dans les pièges que l'on a tendu.

On dit par exemple : "Ma belle-soeur a pris mon frère dans ses rets dès la classe de terminale".

Ou : "On peut craindre qu'une nouvelle fois le chancelier allemand ne prenne le président français dans ses rets".

Source : wiktionary.org

"Devoir se lever de bonne heure", "Falloir se lever de bonne heure" ou "Pouvoir se lever de bonne heure"

Ces différentes locutions verbales du registre familier signifient toutes, au sens figuré : avoir beaucoup à faire, avoir fort à faire.

C'est à dire : avoir beaucoup à travailler pour venir à bout de quelque chose, ou pour parvenir à quelque chose.

On dit par exemple :

  • "Je vais devoir me lever de bonne heure si je veux pouvoir me payer ce voyage en Afrique".
  • "Il va falloir se lever de bonne heure pour parvenir à battre cette équipe".
  • Ou : "Tu vas pouvoir te lever de bonne heure pour faire mieux que ta soeur au bac de français : elle a eu 17 à l'écrit et 18 à l'oral".

"Pas un traître mot" ou "Ne pas comprendre un traître mot" de quelque chose.

Cette curieuse expression du registre familier ne doit pas manquer d'interloquer nos enfants ou amis étrangers. Et elle signifie tout simplement :

  • "Pas un traître mot" : pas un seul mot,
  • "Ne pas comprendre un traître mot" de quelque chose" : ne pas comprendre un seul mot de quelque chose.

On dit par exemple : "Je ne parle pas l'anglais : je ne comprends pas un traître mot de ce qu'ils racontent dans la plupart des publicités télévisées !".

"Faire la journée".

Cette locution nominale signifie :

  • dans le langage courant :
    • travailler de jour, durant la journée ; par opposition à "Faire la nuit" pour travailler durant la nuit.

On dit par exemple : "Samedi tu vas faire la journée et je ferai la nuit".

    • ou : durer toute la journée, suffire à ma consommation ou à mon usage de la journée.

On dit par exemple : "Ce paquet de cigarettes entamé va me faire la journée".

Ou : "Cette grosse boîte neuve de 1 000 clous devrait te faire la journée".

  • et dans le registre familier : amuser un bon moment, car on va probablement y repenser plusieurs fois au cours de la journée.

On dit par exemple : "Ce calembour va me faire la journée".

Ou : "Cette vision de ta mère glissant sur la peau de banane : cela va me faire la journée".

"Non sans difficulté", "Non sans effort" ou "Non sans mal".

J'aime beaucoup ces différentes locutions prépositives invariables qui appartiennent au registre soutenu.

Et qui signifient tout simplement : avec difficulté, difficilement, durement, .

On dit par exemple :

  • "Ma copine a réussi - non sans difficulté - à convaincre sa mère de la laisser dormir chez moi samedi soir",
  • "Les coureurs sont parvenus - non sans effort - à terminer l'étape, malgré les conditions météorologiques catastrophiques",
  • ou : "Je suis parvenu - non sans mal - à endormir ma fille, qui avait très peur de l'orage".

"Faire un canard".

Cette locution verbale du signifie, au sens figuré :

  • principalement, dans le registre familier :
    • tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

Les nordistes disent aussi "Boire le café à l’chuchette".

Faire un canard : tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

    • ou la même chose, mais dans un verre d'alcool.

Souvent, c’est par prudence, notamment lorsque l’alcool est fort, qu'on le goûte de cette façon. En tout état de cause, on suce le morceau de sucre, et on recommence l’opération ... Un régal, paraît-il !

Cette expression, déjà en vogue au XVIIIe siècle, viendrait de la similitude entre le palmipède, qui a l’habitude de plonger son bec régulièrement dans l’eau, et l’action de tenir le sucre entre le pouce et l’index tout en le trempant rapidement dans le café ou l’alcool, afin qu'il s'en imprègne mais ne fonde pas.

La manoeuvre est délicate : trop rapide le sucre ne sera pas assez imbibé, trop lente il va fondre dans la tasse ou le verre…

  • accessoirement, dans le registre argotique : publier, animer, gérer un journal.

 

Sources : www.maisonconfiserie.fr, lebilletdelamarmotte.over-blog.com et verreleine.org

"Non sans".

Cette locution prépositive invariable du registre soutenu signifie tout simplement : avec.

On dit par exemple : "Je suis parvenu - non sans mal - à convaincre mon père de me prêter sa voiture".

Ou : "Mon père m'a cependant rappelé - non sans raison - que j'avais systématiquement eu un accident lors de mes trois premières sorties au volant d'un véhicule".

"Inclinaison de la tête" et "Inclination de la tête".

Ces deux locutions nominales féminines, même si elles phonétiquement très ressemblantes ne sont cependant pas synonymes puisque :

  • "L'inclinaison de la tête" désigne : l'état penché, incliné de la tête par rapport à l'axe vertical que constitue le reste du corps.
  • tandis que "L'inclination de la tête" désigne : l'action d'incliner en avant la tête.

Autrement dit : "L'inclinAISON de la tête" résulte de "l'inclinATION de la tête" !

Sur un sujet contigu, je me permet de vous recommander la lecture de mon article consacré à la différence entre les mots "Inclinaison et "Inclination".

Sources : www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr, www.academie-francaise.fr et www.larousse.fr

"Ne pas faire de cadeau" ou "Ne pas se faire de cadeau".

Ces différentes locutions verbales signifient :

  • au sens propre, dans le langage courant : ne rien offrir, ne faire aucun présent.

On dit par exemple : "Mon épouse a été très déçue par le comportement de notre petite-fille et elle a décidé de ne pas lui faire de cadeau à Noël cette année".

  • et au sens figuré, dans le registre familier : agir sans pitié, être impitoyable, dur, strict, sévère ; ne rien passer, ne pas ménager.

On dit par exemple :

  • "Je serai très strict avec mon fils s'il commence à faire n'importe quoi : je ne lui ferai pas de cadeau",
  • ou : "Les deux coureurs ne vont pas se faire de cadeau : ils veulent tous les deux gagner cette étape de prestige",

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"Chercher la petite bête".

Cette locution verbale du registre familier en forme d'idiotisme animalier signifie, au sens figuré : ergoter (registre soutenu), pinailler (registre familier).

Et notamment :

  • être extrêmement méticuleux, être excessivement pointilleux, trop s'attacher aux détails,
  • et même souvent : s'efforcer de découvrir une erreur, de déceler la moindre irrégularité.

Deux autres expressions en forme d'idiotismes animaliers s'en rapprochent beaucoup :

  • "Chercher des poux" ou "Chercher des poux dans la tête",

Et il existe trois jolis mots désignant une petite bête : "Un animalcule", "Une bestiole" et "Un bestion" .

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr