"Bailler", "Bâiller" et "Bayer".

Ces trois verbes homophones ont évidemment des significations fort différentes :

  • "Bâiller" avec un accent circonflexe (sur le "a" et non sur le "i" !) signifie "Ouvrir involontairement la bouche en inspirant et en contractant les muscles du gosier" ou, par analogie, "Être ouvert, béant, mal ajusté".

On dit par exemple : "Dès que je commence à bâiller, j'éteins ma lampe de chevet et j'essaie de ne pas laisser passer le train du sommeil".

Ou : "Le col de cette chemise bâille ( "est mal ajusté"), "La fenêtre de sa chambre bâille ("est ouverte") ou "La carlingue du Boeing éventré bâille sur le tarmac".

  • "Bailler" sans accent circonflexe est un verbe du registre désuet signifiant "Donner".

On disait par exemple : "Bailler une ferme" ou "Bailler un conseil".

De nos jours, le verbe "bailler" ne s'utilise plus, mais nous continuons à parler de "Bail" et de "Bailleur"» à propos d’un contrat de location, ou de "Bailleur de fonds", pour évoquer la personne qui finance un projet.

  • "Bayer" avec un "y" signifie "Rester la bouche ouverte, être bouche bée, s’étonner".

Mais ce verbe du registre désuet ne s'utilise plus que dans l’expression en forme d'idiotisme animalier "Bayer aux corneilles"

Source : www.languefrancaise.com

"L'agace" ou "L'agasse".

Pie bavarde

Il s'agit de l'ancien nom de la "pie", encore usité parfois, de nos jours, dans certaines de nos régions.

Et que l'on retrouve dans l'expression en forme d'idiotisme animalier "Les corbeaux ne font pas d'agasses".

La "pie" est un oiseau de la famille des corvidés très répandu en Europe et dans une grande partie de l'Asie, dont il existe de nombreuses sous-espèces. Et que sa morphologie et son plumage noir et blanc caractéristique rendent aisément identifiable.

Source : wikipedia.org

"Coiffer Sainte Catherine".

Cette expression du registre familier et du registre désuet signifie, pour une femme, :

  • être célibataire au delà de l’âge de vingt-cinq ans,
  • et, par extension, devenir vieille fille c'est à dire ne s'être jamais marié.

Cette expression trouve sa source dans une tradition datant du Moyen Âge et aujourd'hui largement passée de mode, qui voulait qu'à la date du 25 novembre (la Sainte Catherine), les jeunes femmes de 25 ans non mariées - considérées à ce titre comme vierges et appelées "Catherinettes" - coiffent la statue de sainte Catherine à Paris (75), une jeune femme vierge, symbole de pureté et sainte patronne des jeunes filles. Et arborent des tenues excentriques ainsi qu'un couvre-chef de couleur jaune (symbole de la foi) et verte (symbole de la connaissance).

"Le présent" et "Un présent".

  • "Le présent" c'est la partie du temps qui se déroule en ce moment ; le moment théorique qui sépare le temps qui a cessé d'être (le passé) de celui qui n'est pas encore (le futur).
  • Alors que "Un présent", c'est :
    •  une personne qui est là, ici, qui assiste à ce qui se passe en ce moment (par opposition à "Un absent"),
    • ou un cadeau, un don, une offrande (registre soutenu et registre désuet).

"M'est avis" ou "M'est avis que".

Ces deux formules du registre désuet signifient ;

  • "M'est avis" : à mon avis, selon moi.

Exemple : "Peu de gens, m'est avis, se dérangeront pour si peu".

  • "M'est avis que" : je pense que, j'ai l'impression que.

Exemple : "M'est avis que son gamin va se faire sérieusement corriger !".

Source : wiktionary.org

"Dussé-je".

J'adore cette formule qui relève du registre soutenu.

Elle correspond à la première personne du singulier de l’imparfait du subjonctif du verbe "devoir" et signifie : même si je devais, quand bien même je devrais, quitte à ce que je doive.

Le sujet ("Je"), placé après le verbe, fait l'objet de ce que l'on appelle en grammaire une "Postposition".

On dit par exemple : "Dussé-je le poursuivre jusqu'en enfer, je retrouverai l'assassin de ma fille !".

Ou : "Dussé-je y passer des heures, je trouverai d'où vient cette erreur !".

Source : wiktionary.org

 

"Dresser le poil à quelqu'un".

Cette expression du registre familier et du registre désuet signifie éduquer quelqu'un, lui apprendre les bonnes manières.

On disait par exemple : "Attend un peu, petit effronté : je m'en vais te dresser le poil !".

"Une marchette".

Ce joli petit mot, fort peu usité à ma connaissance, désigne :

  • en France (registre désuet) :
    • un petit tapis où poser ses pieds, par exemple devant un fauteuil ou une bergère,
    • le petit bâton qui soutient le piège d’un oiseleur et sur lequel les oiseaux ne peuvent marcher sans détendre la machine et sans se trouver pris.
    • la petite marche qui abaisse les lices (fils métalliques, également appelés "lisses") d’un métier à tisser.
  • et, pour nos amis québecois, : un déambulateur, cet appareil qui aide les personnes âgées à marcher, en leur servant de support.

Que nos amis suisses appellent eux "Un tintébin" et nos amis belges : "Une tribune" !

Sources : wiktionary.org et www.cnrtl.fr

Remerciement : Merci à Françoise, fidèle lectrice de la première heure, qui m'a suggéré l'écriture de cet article après avoir découvert le mot "Marchette" dans une grille de mots fléchés.

"Apurer" et "Épurer".

Ces deux verbes paronymes sont parfois confondus.

  • "Apurer" signifiait autrefois "Affiner, purifier une dorure" (registre désuet).

Mais c'est avant tout, de nos jours, un terme de comptabilité et de technique financière :

    • "Apurer un compte", c'est le vérifier et l'arrêter définitivement.

On dit par exemple : "Il va falloir apurer les comptes, mais je crois que le rachat de cette société pourrait s'avérer très judicieux".

    • Et "Apurer une dette" c'est donc la rembourser et s'en libérer.

On dit par exemple :  "Maintenant que tu as un salaire correct, tu vas pouvoir apurer ta dette".

  • Tandis que "Épurer", c'est :
    • Rendre pur, plus pur, en éliminant les éléments étrangers, purifier.

On dit par exemple: "Épurer un minerai".

    • Rendre meilleur, plus correct ou plus fin, améliorer, perfectionner, enlever tout ce qui peut porter atteinte à sa pureté, son harmonie, etc.

On dit par exemple: "Épurer un texte".

Je le confesse, je rédige aujourd'hui cet article après avoir constaté que j'avais employé le verbe "Apurer" à mauvais escient, en lieu et place du verbe "Épurer"... Et, au surplus, écrit "APPurer", avec deux "p" !

"Saperlipopette !".

J'adore cette interjection, qui relève tout à la fois du registre désuet et du registre familier.

Exprimant la surprise, la contrariété, l'agacement ou l'impatience, ce juron constitue, depuis environ un siècle et demi, une amplification de la forme "Saperlotte !" (également utilisée sous les variantes "Sacrelote !", "Saprelotte !", ou "P'rlotte !") ; elle-même dérivée de la formule "Sapristi !".

On dit par exemple : "Saperlipopette ! J'étais pourtant certain d'avoir laissé mes lunettes sur la table du salon !".

17 façons de dire "Être avare".

Harpagon, l'avare

"Être rapiat" relève du registre argotique.

Et "Être pingre" du registre populaire.

"Être radin", "Être près de ses sous" et "Être une pince" relèvent du registre familier.

Tout comme l'idiotisme animalier "Avoir des oursins dans les poches".

"Être extrêmement économe" ou "Être un Picsou" relèvent du langage courant.

Les formules "Être un fesse-Mathieu", "Être un grippe-sou", "Être un pince-maille" et "Être un pleure-misère", pour charmants qu'ils soient, appartiennent malheureusement au registre désuet (ainsi qu'au registre familier).

De même que "Être un avaricieux", qui renvoie à la pièce de théâtre de Molière de 1668 "L'avare" et s'utilise aujourd'hui par plaisanterie.

Enfin "Être un ladre" et "Être un Harpagon" relèvent du registre soutenu.

Quant à nos amis Québecois, ils utilisent quant à eux la locution verbale "Être près de ses cennes" et le mot "Un séraphin".

Sources : wiktionary.org et larousse.fr

"Avoir ses vapeurs".

Cette expression du registre désuet signifie "S'évanouir, avoir un malaise" ; le mot "vapeur" faisant référence aux bouffées de chaleur, parfois à l'origine de ce type d'évanouissement.

L'expression s'utilise plutôt de nos jours :

  • pour définir, de manière quelque peu ironique, une personne sujette à des troubles émotifs peut-être exagérés, dont les réactions émotives ou colériques paraissent exagérées.
  • ou pour évoquer les bouffées de chaleur d'une femme ménopausée.

www.linternaute.fr