"Ne pas donner sa part aux chiens".

Cette expression en forme d'idiotisme animalier existait déjà au XVIe siècle sous la forme "Ne pas jeter sa part aux chiens".

Et elle signifie, selon le contexte :

  • au sens propre : avoir faim, manger tout ce que l'on a de bon appétit,
  • au sens figuré :
    • tenir beaucoup à sa part, à ses prérogatives ou à ses prétentions sur quelque chose ; ne pas être partageur,
    • être économe voire avare.

Sources : savour.eu et www.languefrancaise;.net

"À bâtons rompus".

Cette locution adverbiale du registre familier qualifie essentiellement une conversation désorganisée, sans continuité, désordonnée, comportant de fréquentes interruptions.

On dit par exemple : "La partie a duré toute la nuit, agrémentée d'une conversation à bâtons rompus avec les autres joueurs".

Sources : wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

"Rouler dans la farine".

Des raviolis roulés dans la farine

Cette locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : tromper (langage courant), arnaquer (registre argotique), duper, berner (registre soutenu), être malhonnête avec quelqu'un, lui mentir pour obtenir quelque chose.

On dit par exemple : "Je me suis fait roulé dans la farine avec cette voiture : je me ruine en réparations !".

On : "Le président a cru pouvoir rouler dans la farine ses interlocuteurs, mais la situation s'est retournée contre lui".

Source : www.francaisauthetique.com

"Battre à plate couture".

Cette étrange locution verbale en forme d'idiotisme textile, qui ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers, signifie :

  • au sens propre :- pour les tailleurs (couturiers) d'autrefois : écraser une couture saillante avec son dé à coudre afin de l'aplatir,
  • et au sens figuré :
    • autrefois (registre désuet): rouer de coups.

Au théâtre, en effet, dans les farces du XVIIe siècle, le personnage du tailleur, prétextant qu’un autre personnage était "mal fagoté", écrasait les coutures saillantes de son habit en frappant vigoureusement le pauvre client à l’aide d’une latte !

    • et par extension : vaincre, défaire, battre très nettement, surpasser complètement, totalement ; terrasser, écraser.

On dit par exemple : "L'aviation ennemie a battu la nôtre à plate couture" ou "C'est la gauche qui a majoritairement permis à Jacques Chirac de battre Jean-Marie Le Pen à plate couture le 28 avril 2002".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Avoir la larme facile" ou "Avoir la critique facile".

Ces deux formules du langage courant sont construites sur le même principe : "Avoir la/le/les X facile/s".

Et elles signifient respectivement :

  • "Avoir la larme facile" : pleurer ou au moins s’émouvoir facilement (idiotisme corporel).

On dit par exemple : "Ma mère a toujours eu la larme facile. Tu la verrais lorsqu'elle regarde une comédie romantique".

On dit par exemple : "Certains commentateurs ont la critique facile, mais on ne les encore jamais vu à l'oeuvre".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à la célèbre formule "La critique est aisée, mais l'art est difficile" !

"De fil en aiguille".

Cette locution adverbiale du langage courant en forme d'idiotisme textile date du XIIIe siècle.

Et elle signifie, au sens figuré : successivement, de manière progressive, en suivant une progression logique.

Elle s'utilise par exemple pour dire que l'on est passé d'une chose à une autre, d'un sujet de conversation ou d'une occupation à une autre.

Sources : wiktionary.org

 

"Nul n'est prophète en son pays".

J'aime beaucoup cette expression du langage courant en forme d'idiotisme religieux, qui daterait du XVIIe siècle.

D'origine biblique, elle signifie que le talent d'une personne est plus souvent reconnu à l'étranger que chez elle et que l'on a ordinairement moins de succès en son pays qu’ailleurs ; c’est parmi les siens, là où l'on vit, que l’on a le moins de chances d’être cru ou apprécié à sa vraie valeur, qu’on en impose le moins.

Il s'agit d'une paraphrase de la traduction des paroles prononcées par Jésus de Nazareth vers l’an 30, selon l’Évangile de Luc (4, 24) : "Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie".

Lorsque Jésus revint dans sa ville d'origine, Nazareth, tout le monde en effet se moquait de lui, et le considérait comme un simple fils de charpentier alors qu'il disait être le fils de Dieu.

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Serein" et "Serin".

Ces deux mots homophones ont naturellement des significations très différentes :

  • "Serein" est un adjectif signifiant : calme, paisible, tranquille, exempt de trouble et d'agitation.

On dit par exemple : "Il est difficile d'imaginer aujourd'hui que le Liban d'avant 1975 était un pays tellement prospère et serein qu'on le surnommait La Suisse du Proche-Orient".

Ou : clair, doux, pur et calme, en parlant du ciel, de l’air ou du temps.

On dit par exemple : "La semaine prochaine nous bénéficierons d'un temps plus serein".

  • tandis que "Serin" est un substantif masculin désignant :
    • dans le langage courant : un petit oiseau passereau à bec conique, au plumage ordinairement jaune, auquel on apprend à siffler, à chanter des airs.

Un serin

  • et, péjorativement, dans le registre argotique :
    • un imbécile, un idiot,
    • ou : un niais, un nigaud, un naïf,
    • et, pour nos amis québecois : un homosexuel.

 

Source : wiktionary.org

"Avoir une gueule de raie" ou "Une gueule de raie".

Une raie

"Une gueule de raie" est une locution nominale féminine polysémique en forme d'idiotisme animalier et d'idiotisme corporel qui désigne, au sens figuré :

  • un visage laid, désagréable et antipathique.
  • ou : un type de noeud appartenant à la famille des noeuds de croc, bien connus des "dockers".
Noeud gueule de raie
Noeud gueule de raie

Il s'effectue sur un cordage en boucle, dont les deux brins sont reliés à la même charge. Depuis le XVIIe siècle, les marins et les ouvriers des docks utilisent ce noeud afin de suspendre des charges à des crochets de grue.

Source : www.languefrancaise.net

"La promotion canapé" ou "Une promotion canapé".

Cette amusante locution nominale du registre familier désigne une progression professionnelle, et - par extension - toute faveur ou avantage (avancement, promotion ou embauche), obtenu par le bénéficiaire en usant de séduction érotique sinon sexuelle, voire en consentant à avoir des relations sexuelles avec une personne de sa hiérarchie ayant le pouvoir de les lui attribuer.

On dit par exemple : "La nouvelle directrice financière ne parle même pas l'anglais et n'a que 18 mois d'anciennneté : jolie promotion canapé !".

"Agiter le chiffon rouge".

Cette expression, qui puise son origine dans la tauromachie, signifie : provoquer délibérément, mettre en avant un sujet polémique pour détourner l'attention, à l'instar du torero avec sa cape, face au taureau,

On dit par exemple : "On connaît la technique : le président va envoyer ses affidés agiter le chiffon rouge et fera ensuite mine de faire machine arrière".