"Se faire bectares tout cru".

C'est dans le génial "Le cave se rebiffe", réalisé en 1961 par Gilles Grangier, que Michel Audiard fait dire cette superbe réplique à Jean Gabin : "I' vont t'bectares tout cru les vilains !".

Autrement dit : "Te becqueter tout cru", "Te bouffer tout cru", "Te manger tout cru", "Ne faire de toi qu'une bouchée".

Quand il est temps, il est temps !

La scène se déroule au début des années 2000, à Feytiat, une petite ville de la banlieue Sud-Est de Limoges (87).

Ma petite nièce par alliance, alors âgée de 3 ans et demi, rentre en petite section de maternelle à la rentrée de septembre et doit donc être propre et ne plus porter de couches.

Comme elle passe l'été en vacances chez ses grands-parents maternels, puis paternels, résidant tous quatre aux alentours de Marseille (13), ses parents ont demandé à ce que l'on profite de cette période pour lui apprendre à aller toute seule au pot ou aux toilettes, considérant que, vivant le plus souvent en maillot de bain ou en jupette, ses éventuels petits oublis ne porteront guère à conséquence.

La consigne ayant été scrupuleusement suivie, la petite limougeaude s'avère être propre à la fin du mois d'août, à la grande satisfaction de ses parents - rassurés - et de ses grands-parents, fiers d'avoir mener à bien la mission qui leur avait été assignée.

De retour chez eux, mon beau-frère et son épouse, invitent à l'apéritif leurs différents voisins et leurs enfants pour célébrer le retour de la "grande" fille, qui ne porte plus de couches et va rentrer à l'école.

Les voisines et la maman se félicitent de la situation, lorsque soudain, la petite - qui jouait accroupie dans le jardin à quelques mètres d'elles - se relève soudainement et se précipite à l'intérieur de la maison en courant.

Pot pour bébé

"Ah ! Il y a peut-être tout de même eu un problème cette fois-ci..." se dit alors l'assemblée, dans l'expectative.

Mais la petite réapparaît quelques instants plus tard, arborant un grand sourire.

  • "Tout va bien ma chérie ?" s'enquiert le papa, rassuré et fier.
  • "Oui, mais il était temps, putain !".

Je vous laisse imaginer la tête des voisins, pour qui le mot "putain" revêtait évidemment un incroyable caractère de grossièreté - a fortiori dans la bouche d'une petite fille ! -, bien éloigné de son aspect "élément de ponctuation", en vigueur dans les Bouches-du-Rhône (13),où le mot est vraiment largement banalisé. Au point qu'une enfant de trois ans et demi l'entende suffisamment - hors de chez ses grands-parents, je le précise ! - en deux mois seulement, pour l'intégrer à son vocabulaire actif !

Sur le même sujet, je vous recommande la lecture de mon article "Les jeunes marseillaises sont-elles impolies ?".

"Un buffet canadien", "Un repas canadien", "Un souper canadien" ou "Un pique-nique canadien".

Une "auberge espagnole", c'est à dire : un repas partagé

Il s'agit, pour nos amis suisses de ce type de repas consistant à manger ce que les différents convives ont amené, que nous appelons en France "Auberge espagnole", Repas-partage", "Repas partagé" ou "Repas tiré du sac".

Et que nos amis belges appellent uniquement "Auberge espagnole".

"Une tête au chocolat", "Une "tête au/de choco", "Une tête-mousse", "Un merveilleux" ou "Une merveille au chocolat".

Ces différentes locutions nominales désignent souvent désormais la "Tête-de-nègre", cette pâtisserie constituée de deux meringues entre lesquelles repose de la crème au beurre, le tout étant enrobé de chocolat.

Nos amis québecois, pour leur part, l'appellent "Whippet", par antonomase d'un nom d'une marque.

Son nom traditionnel de "Tête-de-nègre" a en effet parfois été l'objet de polémique, du fait du rappel péjoratif, pour certains, de l'esclavage, de la colonisation et du racisme ; ces esprits chagrins trouvant cette appellation galvaudée ou insultante.

Ce qui est - comme la plupart des fois, en pareil cas - parfaitement ridicule, puisque cela revient à sortir les choses de leur contexte. Le mot "nègre" désignait en effet, à l'origine une couleur ; l'expression " Tête de nègre" étant apparue en France pour la première fois en 1829 et désignant la couleur d'un vêtement.

"Le vél", "Le Vélodrome" ou "L'enrhumeur".

Il s'agit des différents surnoms locaux du célèbre stade vélodrome, inauguré en juin 1937 et antre de l'"Ohème", le club de football de la ville de Marseille (13) :

  • principal équipement sportif de la ville et second stade de France en terme de capacité, avec 67 000 places, depuis la rénovation de 2014, qui l'a notamment doté d'un toit, le stade Vélodrome disposant auparavant d’une architecture évasée, ouverte aux quatre vents, sans toiture.

Ce qui lui valut, entre 1997 et 1999, l'amusant surnom d'"Enrhumeur", de la part du truculent entraîneur Rolland Courbis.

  • "le vél" est naturellement l'apocope de vélodrome,
  • et "le vélodrome", l'ellipse de "le stade vélodrome".

Pour conclure, il m'est particulièrement agréable de préciser ici que le véritable nom actuel du stade, depuis 2014 tout du moins, demeure parfaitement inconnu de tous.

Le "stade vélodrome" est en effet censé s'appeler - en vertu d'un contrat de "naming" : le "Orange vélodrome". Mais je ne pense pas qu'un français sur 100 le sache, sinon parmi les amateurs de football ou les habitants de Marseille !

Nul doute que les responsables communication de ce groupe de téléphonie ont fait là une bien belle affaire.

Cela fait en tous cas partie des petits plaisirs de la vie qui ne coûtent rien et me mettent en joie !

"Est-ce que je te demande si ta grand-mère fait du vélo ?"

Cette charmante expression du registre familier relève également désormais du registre désuet.

Et elle signifie : "Je te t'ai rien demandé !", voire "Mêle-toi de tes affaires !".

On utilisait également la formule : "Si on te demande, tu diras que tu n'en sais rien !".

Pour ceux que cela intéresse, je me permets de recommander la lecture de mon article consacré au mot " vélo", dont on ignore généralement qu'il constituait à l'origine... un nom de marque !

"Les arpions".

Orteils des pieds gauche et droit

Ce mot du registre populaire désigne les orteils, communément appelés "doigts de pieds".

Il provient du "Gaga", le parler stéphanois, auquel j'ai consacré une petite collection d'articles.

On dit par exemple : "Il était là, couché dans l'herbe, les arpions en éventail !".

On notera cependant qu'en argot, le mot "arpion" désigne également le pied, un mot pour lequel nous disposons, en français, de nombreux synonymes, dans le registre familier ou dans le registre argotique.

Pieds de femme

"Ben, mon colon !"

Cette interjection du registre familier, voire argotique, qui signifie en quelque sorte "Eh bien, mon ami !", traduit l'étonnement, la surprise ou l'admiration de celui qui l'emploie.

On dit par exemple : "Ben, mon colon ! Tu as vu cette bagnole !" (registre argotique).

Voir également mon article : "Attention au niveau de langage du mot colon".

"Ça pique les yeux".

Cette expression signifie :

  • au sens propre : irriter les yeux par son odeur, ses vapeurs ou sa fumée, âcre ou piquante.
  • au sens familier, dans le registre familier, :
    • être désagréable à voir, être laid.

On dit par exemple : "C'est peut-être un architecte renommé qui a conçu cet immeuble coloré mais ces façades piquent les yeux !".

    • être pénible à lire, du fait de l’abondance des fautes, de la construction des phrases et de la médiocrité du style.

On dit par exemple : "Je viens de lire les paroles des chansons de cette vedette du rap : ça pique les yeux !".

86 façons de dire "Être très fatigué".

Être épuisé

Nous disposons tout d'abord, dans le registre argotique, des locutions verbales "En avoir plein le dos",  "En avoir plein les pattes", "En avoir sa claque", "Être cané", "Être claqué", "Être cramé", "Être crevé", "Être dans le pâté", Être défoncé", "Être ensuqué", "Être naze", "Être nazebrok" (ou "Être nazebroque") ou "Ne plus pouvoir arquer".

"En avoir plein les jambes", "Être à plat", "Être au bout du rouleau", "Être bouilli", "Être dans un état proche de l'Ohio", "Être essoré", "Être flagada", "Être fracassé", "Être moulu", "Être raplapla", Être sur les jantes" ou "Être rétamé", "Être rincé", "Être subclaquant", "Être vermoulu" ou "Être vidé" relèvent du registre familier. Ainsi que "Être flapi" (ou "Être flappi"), "Être HS", "Être kaput", "Être lessivé" ou "Être Hors Service".

Ou "Être cuit", "Être à ramasser à la petite cuillère", "Être en compote" et "Être ratacuit", qui sont également des idiotismes alimentaires. De même que "Être en capilotade", qui est mon expression préférée dans ce domaine.

Ainsi que l'étrange idiotisme musical "Avoir avalé la trompette", qui ne s'utilise que dans le domaine du football ou la formule "Faire de l'huile" qui relève du jargon cycliste ; les locutions verbales "Être bouilli", "Être carbo" (par apocope de carbonisé), "Être carbonisé", "Être dans le gaz", "Ne plus avoir de gaz" et "Ne plus tenir en l'air" relevant de tous les sports.

Enfin, ""Être au bout de sa vie" et "Être en PLS" sont surtout utilisées par les jeunes.

Les formules imagées "Être sur le flanc", "Être sur les rotules", "Être sur les genoux", ainsi que la locution "Ne plus en pouvoir" ("Je n'en peux plus") relèvent du langage courant.

De même que "Être à bout de forces", "Être achevé", "Être abattu", "Être accablé de fatigue", "Être anéanti", "Être épuisé", "Être mort", "Être mort de fatigue", "Être sans énergie", "Être sans force", Être vidé", "N'en pouvoir plus", "Ne plus tenir debout", "Ne plus parvenir à garder les yeux ouverts", "Ne plus parvenir à rester éveillé", "Ne plus pouvoir avancer", "Ne plus pouvoir metttre un pied devant l'autre", "Tomber de fatigue" ou "Tomber de sommeil".

Enfin "Être éreinté", "Être exténué", Être fourbu", "Être harassé", "Être las", "Être rompu", "Être rompu de fatigue", et "Être vanné" relèvent du registre soutenu.

Quant à nos amis bretons, ils disent : "Être éouimpé" (ou "Être ewimpé"), nos amis lyonnais "Avoir les jambes en pâte à quenelle" et nos amis du Nord "Être tanné".

"Le principe actif", "L'ingredient actif" ou "La substance active".

Il s'agit de la substance chimique qui, dans un médicament possède un effet thérapeutique.

Elle est généralement en très faible proportion par rapport aux excipients.

Il peut s'agir, selon les cas, :

  • d'une substance pure dont on connaît la structure chimique et qui est obtenue par des méthodes de synthèse chimique,
  • d'un mélange de plusieurs substances chimiquement proches,
  • ou encore d'une substance définie par son mode d'obtention.

On notera que nos amis québecois parlent d'"Ingrédient actif".

Source : wikipedia.org

 

"Pisseux" ou "Un pisseux".

  • L'adjectif "Pisseux" désigne :
    • au sens propre, dans le registre argotique, ce qui sent ou est imprégné d'urine.

On parle par exemple de "vêtements d'enfants tout pisseux".

    • et, au sens figuré, dans le registre familier, ce qui est d'une couleur passée, jaunie.

On parle par exemple d'un "vieux papier peint pisseux".

  • Et le substantif "Pisseux" désigne, chez nos amis suisses, dans le registre familier, un peureux.

On dit par exemple : "Ce pisseux s'était réfugié aux toilettes tant il avait eu peur de l'orage !".

Voir également mon article "Pisseuse" ou "Une pisseuse".