"Un saucisson à pattes", "Une saucisse à pattes", "Un saucisson sur pattes" ou "Une saucisse sur pattes".

Ces différentes locutions nominales du registre familier en forme d'idiotismes alimentaires désignent - au sens figuré - un chien de petite ou de moyenne taille, doté de pattes très courtes et d'un corps très allongé.

On surnomme généralement ainsi le "Basset".

Un basset artésien normand
Un basset artésien normand

Ainsi que le "Teckel".

Un teckel à poil ras
Un teckel à poil ras

Les formes "Un saucisson SUR pattes" et "Une saucisse À pattes"sont moins courantes que "Un saucisson À pattes" et "Une saucisse SUR pattes".

Source : wiktionary.org

"Sucrer les fraises".

J'aime beaucoup cette expression du registre familier en forme de locution verbale et d'idiotisme alimentaire.

"Sucrer les fraises" s'utilise depuis le tournant du XXe siècle et signifie, par plaisanterie (un tantinet douteuse), au sens figuré : avoir les mains qui tremblent de façon visible, être agité de tremblements nerveux incontrôlés.

Et par extension : être gâteux, atteint d'une maladie dégénérative, manifester des signes de vieillesse.

On dit par exemple : "La grand-mère de ma copine est vraiment très très âgée : elle sucre les fraises".

Ou : "J'espère bien pouvoir un jour m'offrir un beau voyage avec mes filles avant de sucrer les fraises".

Ce type de tremblement des mains ressemble en effet beaucoup au mouvement que font celles-ci lorsque l'on sucre les fraises au sens propre :

Coupelle de fraises en morceaux

  • armé d'une main d'une coupe pleine de ces fruits rouges,

Main en train de sucrer avec une cuillère

  • et de l'autre d'un sucrier à trous ou d'une cuillère à sucre (percée de trous), il faut secouer la seconde main au-dessus de la première afin d'obtenir des fraises au sucre.

Cette expression ne doit pas être confondue avec la locution verbale "Être aux fraises".

Sources : www.expressions-francaises.fr, www.expressio.fr et wiktionary.fr

"Un estomac sur pattes" ou "Un ventre sur pattes".

Ces deux amusantes locutions nominales du langage courant en forme d'idiotismes corporels désignent - au sens figuré - : un animal ou une personne ayant tout le temps faim, qui mange beaucoup, qui a un très gros appétit, voire incapable de contrôler son alimentation.

Sources : www.dictionaire.reverso.net et wiktionary.org

"Le protoxyde d'azote" ou "Le proto".

Cette locution nominale et son apocope désignent ce que l'on appelle couramment "le gaz hilarant".

Ce composé chimique, également appelé "Oxyde nitreux" ou "Hémioxyde d'azote", est un gaz incolore a l'odeur et au goût légèrement sucrés.

Il s'agit d'un puissant gaz à effet de serre, 298 fois plus puissant que le gaz carbonique, devenu le premier contributeur à la destruction de la couche d'ozone !

Utilisations traditionnelles

Ce gaz est utilisé :

  • comme comburant, pour accroîre la puissance des moteurs, en compétition automobile,
  • avec l'acétylène dans certains appareils d'analyse,
  • comme gaz dépoussiérant, pour les ordinateurs,
  • comme gaz propulseur, dans les bombes de crème chantilly,
  • et pour les siphons à crème Chantilly, crème fouettée ou mousses chaudes ou froides.

Siphon à Chantilly

Utilisation comme drogue

On le surnomme "gaz hilarant" car il euphorise à l'inhalation, d'où son usage comme drogue récréative hallucinogène.

Sa consommation par les jeunes français a littéralement explosé ces derniers temps, du fait de :

  • son extrême simplicité d'utilisation :
Un jeune inhalant du protoxyde d'azote à l'aide d'un ballon de baudruche préalablement gonflé à l'aide d'une cartouche de gaz pour siphon
Un jeune inhalant du protoxyde d'azote à l'aide d'un ballon de baudruche, préalablement gonflé à l'aide d'une cartouche de gaz pour siphon ©La Voix du Nord/Pascal Bonnière

Il suffit en effet de remplir un ballon de baudruche avec le contenu d'une cartouche, puis d'inhaler le gaz ainsi transféré dans le ballon.

Cartouches de protoxyde d'azote et ballons de baudruche jetés sur un trottoir après usage

Ainsi s'explique le grand nombre de cartouches argentées vides et de ballons dégonflés que vous avez certainement dû remarquer depuis quelque temps, au moins dans certains quartiers, jonchant souvent les pelouses des parcs et des cités, ainsi que les trottoirs de nos villes...

Cartouches de protoxyde d'azote et ballons de baudruche jetés après usage

  • son extrême facilité d'accès :

Le protoxyde d'azote est en effet en vente libre dans sa version "gaz pour syphon", ce qui permet de se droguer en toute légalité !

  • et son prix absolument dérisoire :

On trouve ce "gaz pour syphon" à un prix défiant toute concurrence et à la portée de n'importe quel jeune enfant, puisque par exemple à 4 euros les 6 cartouches chez Casino, soit seulement 66 centimes pièce !

Blister de 6 cartouches de gaz pour siphon en vente dans les magasins Casino

Et même à 134,95€ les 400 cartouches sur le site bienmanger.com, mis en avant par Google, soit 33,7 centimes pièce !

Lot de 400 cartouches de "gaz siphon professionnelles N2O pour chantilly" en vente sur le site bienmanger.com
Lot de 400 cartouches de "gaz siphon professionnelles N2O pour chantilly" en vente sur le site bienmanger.com

Ou encore à 219€ les 600 cartouches chez le même fournisseur, pour les crétins ne sachant pas compter (36,5 centimes pièces, soit 8,3% plus cher !).

Source : wikipedia.org

"La cochonnaille", "La charcutaille", "La charcuterie", "Une cochonnerie" et "Une cochonceté".

Voilà bien quatre substantifs féminins que l'on peut malheureusement souvent confondre, alors qu'ils ne désignent pas vraiment la même chose !

  • "Cochonnaille" ou "Charcutaille" appartiennent au registre familier et désignent la viande et les abats de cochon diversement apprêtés, traditionnellement appelés dans le langage courant "Charcuterie".

On dit par exemple : "Le président Chirac ne résistait pas à une bonne assiette de cochonailles".

Cochonnailles

  • "Cochonnerie" relève du langage courant et désigne :
    • l'état d'une chose ou d'une personne extrêmement malpropre ; d'une malpropreté digne du cochon.

On dit par exemple : "Mais où as-tu donc trouvé cette cochonnerie ?".

Ou : "Ce type est d'une cochonnerie incroyable".

    • une chose sale, mauvaise ou malsaine ;

On dit par exemple : "Arrête de faire des cochonneries".

Ou : "Cesse-donc de manger des cochonneries à longueur de journée".

    • une chose sans valeur, de très mauvaise qualité ; une "Cochonnerie".

On dit par exemple : "Tu devrais jeter toutes ces cochonneries".

Ou : "Ce fauteuil en promotion était une véritable cochonnerie !".

    • ou : une parole ou une action obscène, indécente, relevant de la paillardise, de la grivoiserie, de la gaudriole, voire de la pornographie ; une "Cochonceté".

On dit par exemple : "Il ne cesse de lui dire des cochonneries".

  • et "Cochonceté" - un mot que j'aime beaucoup - appartient au registre familier et désigne également :
    • une chose sans valeur, de très mauvaise qualité ; une "Cochonceté".
Le rayon jambon sous plastique d'une grande surface alimentaire
Le rayon jambon sous plastique d'une grande surface alimentaire

On dit par exemple : "Pour mon ancienne copine, le jambon ou les légumes sous plastique - même bio - n'étaient que des cochoncetés !".

Le rayon légumes bio sous plastique d'une grande surface alimentaire
Le rayon légumes bio sous plastique d'une grande surface alimentaire
    • ou : une parole ou une action obscène, indécente, relevant de la paillardise, de la grivoiserie, de la gaudriole, voire de la pornographie ; une "Cochonceté".

On dit par exemple : "Ce type est connu pour ne proférer que des cochoncetés".

Ou : "Mon fils et sa copine s'étaient enfermés dans la chambre pour faire des cochoncetés !".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Un avocat".

Ce mot du langage courant peut avoir en français deux significations différentes.

Et cela, à la grande surprise, parfois, de nos amis étrangers ou de certains jeunes migrants allophones, que j'ai pu avoir l'occasion de côtoyer, qui nous expliquaient qu'ils n'avaient pas faim lorsque nous leur annoncions qu'ils allaient avoir un avocat !

Ce mot désigne en effet, selon le contexte :

Un avocat

  • un juriste, dont les fonctions traditionnelles sont de conseiller, représenter, d'assister et de défendre ses clients (personnes physiques ou morales) en justice, en plaidant pour faire valoir leurs droits et, plus généralement, pour les représenter.

L'avocat a également une fonction de conseil mais aussi de rédacteur d'actes.

Un avocat, fruit de l'avocatier

  • ou : le fruit de l'avocatier, un arbre originaire du Mexique, qui est, de loin, le premier producteur mondial de ce fruit (à lui seul 30 % de la production mondiale), ainsi que le premier exportateur et le premier consommateur.

Avocats sur un avocatier

Je raffole personnellement de ce fruit utilisé en salade ou pour faire du guacamole.

Du guacamole

On peut facilement faire pousser chez soi un avocatier à partir de simples noyaux d'avocat.

Pour l'anecdote, le mot "avocat" provient de l'espagnol "aguacate", lui-même dérivé d'un mot d'une langue locale signifiant "testicule", par analogie avec la forme de cet organe.

Source : wikipedia.org

"Un canard".

La signification de ce substantif masculin varie en fonction du niveau de langage employé, puisqu'il désigne :

Un couple de canards colverts (la femelle est à gauche et le mâle à droite)
Un couple de canards colverts (la femelle est à gauche et le mâle à droite)
  • dans le langage courant : un oiseau aquatique, au cou court, au large bec jaune, aplati, aux très courtes pattes, palmées et aux longues ailes pointues, domestiqué ou non.

Le canard domestique est utilisé après gavage, pour la production de foie gras, de confits et de magrets.

Un élevage de canards
Un élevage de canards
  • dans le registre familier : le fait de tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et de le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts,

Faire un canard : tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

  • et dans le registre argotique:  un journal.
Des journaux
Des journaux ou "Canards" dans le registre argotique

"Le Canard Enchaîné" est ainsi un hebdomadaire satirique français paraissant le mercredi, fondé le 10 septembre 1915 par Jeanne Maréchal et Maurice Maréchal et Henri-Paul Deyvaux-Gassier.

Le "Canard Enchaîné" n° 5023 du 1er février 2017
Le "Canard Enchaîné" n° 5023 du 1er février 2017

Comptant parmi les plus anciens titres de la presse française actuelle, c'est aussi, depuis les années 1960, un journal d'investigation révélant nombre d'affaires scandaleuses, très attaché à la protection des sources d'information des journalistes.

Source : wikipedia.org

"Un baveux" ou "Le baveux".

Ce mot français peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue utilisé ou du côté de l'Atlantique où l'on se situe :

  • il désigne ainsi, chez nos amis québecois - dans le registre populaire - une personne arrogante et provocatrice.
  • et dans notre pays :
    • dans le langage courant, dans le Sud-Est de la France : le "bolet jaune", un champignon comestible, également appelé "beurré ou "nonnette voilée".

Bolets jaunes, également appelés "baveux", "beurrés" ou "nonnettes voilées"

    • et dans le registre argotique :
      • un avocat.

On dit par exemple : "Avec un bon baveux j'aurais pu éviter la taule".

Un avocat

      • ou : la verge (le pénis).
Verge épilée au repos
Verge épilée au repos

 

On dit par exemple : "J'me suis astiqué le baveux".

On retrouve par exemple ce mot - parmi beaucoup d'autres synonymes - dans la chanson grivoise "Les nuits d'un damoiseau".

Source : wiktionary.org

"Faire passer le goût du pain".

Cette expression du registre argotique signifie - au sens figuré - tuer quelqu'un.

On dit par exemple : "S'ils le chopent, i' vont lui faire passer le goût du pain !".

"Le raisiné".

Ce substantif masculin peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue :

Élaboration de raisiné

  • dans le langage courant, il désigne ainsi : une confiture élaborée à partir de jus de raisin, de sucre, parfois de vin doux, auquel on ajoute souvent des fruits (poires, coings en particulier).

Le raisiné nécessite des raisins très mûrs et très sucrés provenant de coteaux ensoleillés.

Raisiné de Montpellier

Le raisiné se fait généralement avec du raisin noir, mais le "raisiné bourguignon" et le "raisiné de Montpellier" se font avec du raisin blanc.

  • et dans le registre argotique : le sang.

Un doigt avec une goutte de sang

J'ai évoqué dans un autre article "Du raisiné sur les bafouilles", un superbe récit complet en six planches réalisé en 1956 par Morris et Goscinny, que j'ai personnellement découvert en 1980 et qui m'a permis d'apprendre la signification de ce mot.

Source : www.cnrtl et wikipedia.org

"Un bahut".

Ce petit mot polysémique change de sens selon le registre de langue et désigne respectivement :

  • dans le langage courant :
    • en architecture : un mur bas servant d'appui à une grille, une colonnade ou une arcade.

Un bahut : mur bas servant d'appui à une grille, une colonnade ou une arcade.

    • un meuble : à l'origine un gros coffre de bois, destiné au transport.

Un bahut", c'est à dire, à l'origine, un coffre en bois destiné au transport

Puis un meuble de grandes dimensions, tel qu'un buffet.

Bahut en bois

On dit par exemple : "On a voulu se débarrasser du vieux bahut du salon, mais ça nous a pris deux jours, à trois, pour monter le buffet suédois Sküngred qu'on s'est acheté à la place !".

    • un récipient en inox utilisé comme ustensile de cuisine dans les cuisines professionnelles.

Bahut de cuisine en inox

  • dans le registre argotique :
    • un camion, un véhicule poids-lourd.

On dit par exemple :"Tu aurais vu les files de bahuts sur l'autoroute : c'était impressionnant !".

Un bahut : un semi-remorque en argot

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Un camion" en français.

    • ou un taxi.
"Un bahut" ou "un tacot", c'est à dire : un taxi, dans le registre argotique
"Un bahut" ou "un tacot", c'est à dire : un taxi, dans le registre argotique

 

On dit par exemple : "J'ai eu du mal à trouver un bahut pour rentrer ; j'ai failli rentrer à pinces".

  • et dans le registre populaire : un collège ou un lycée.

On dit par exemple : "Ras le bol du bahut ! Vivement la fac...".

Le collège Jules-Ferry à Conflans Sainte-Honorine (78), où j'ai étudié de la 6e à la 3e, de septembre 1972 à juin 1976, devenu Lycée depuis
Le collège Jules-Ferry (devenu Lycée) à Conflans Sainte-Honorine (78), où j'ai étudié de la 6e à la 3e, de septembre 1972 à juin 1976
Le lycée Le Corbusier, à Poissy (78), où j'ai étudié de la seconde à la terminale, de septembre 1976 à juin 1979
Le lycée Le Corbusier, à Poissy (78), où j'ai étudié de la seconde à la terminale, de septembre 1976 à juin 1979
Le Lycée Jules-Ferry, à Paris (75), place Clichy, où j'ai fait un début d'hypokhâgne en septembre 1979
Le Lycée Jules-Ferry, à Paris (75), place Clichy, où Diane Kurys a tourné "Diabolo menthe" en 1977 et où j'ai fait un début d'hypokhâgne en septembre et octobre 1979, avant de débarquer à Nanterre (92), en histoire et en droit.

En 1980, Michel Nerval a réalisé un film intitulé "Le bahut va craquer !" :

Affiche du film français de Michel Nerval "Le bahut va craquer" (1980)

Source : wikipedia.org

"Dresser la table", "Être à table", "Mettre la table", "Passer à table" et "Se mettre à table".

Voilà bien une série de locutions verbales d'apparence très simples qui doivent pourtant parfois surprendre nos amis étrangers.

En voici les différentes significations :

Table dressée

  • "Dresser la table" ou Mettre la table" (langage courant) signifie : Dresser le couvert, mettre le couvert. C'est à dire disposer la nappe et les couverts sur la table où l'on s'apprête à manger.

Un banquet au Moyen Âge

Cette formule remonte au Moyen Âge, lorsque certains repas de fête ou banquets réunissaient de très nombreux convives. Posséder en nombre suffisant des tables telles que nous les connaissons de nos jours aurait été inutile. Aussi les "tables" n'étaient elles que des planches posées sur des tréteaux. "Dresser la table" ou "Mettre la table" signifiait alors que l'on déplaçait les planches et les tréteaux là où l'on désirait se restaurer.

Table en bois montée sur tréteaux

On dit par exemple : "Les enfants, vous viendrez mettre la table s'il vous plaît !".

  • "Être à table" (langage courant) signifie : Être en train de manger ; qu'il s'agisse du déjeuner ou du dîner.
  • "Passer à table" (langage courant) signifie : S'aprêter à manger ; qu'il s'agisse - là aussi - du déjeuner ou du dîner.

On dit par exemple : "Nous passsons à table généralement vers vingt heures".

On dit également (langage courant) : "Se mettre à table".

  • et "Se mettre à table" signifie :
    • dans le langage courant : S'aprêter à manger ; qu'il s'agisse - là aussi - du déjeuner ou du dîner.

On dit par exemple : "Tu peux me rappeler un peu plus tard, s'il te plaît, nous allions nous mettre à table".

On dit également (langage courant) : "Passer à table".

    • et dans le registre argotique, dans le vocabulaire et jargon de la police : "Passer aux aveux, avouer".

On dit par exemple : "Raymond le balafré va passer à table : le commissaire s'occupe de lui depuis trois heures".

Source : www.linternaute.fr