10 façons de dire "Merde !" sans le dire.

J'imagine qu'il peut occasionnellement vous arriver de souhaiter ardemment dire ou écrire le mot "merde" à quelqu'un ou en présence de quelqu'un, sans pour autant pouvoir réellement vous le permettre ; qu'il s'agisse d'une personne vis-à-vis de laquelle vous ne sauriez vous laisser aller à de telles grossièretés, ou d'un enfant auquel vous ne voulez pas donner le mauvais exemple.

Sachez, dans ce cas, que différentes possibilités s'offrent à vous :

À l'oral :

    • tout d'abord, si vous parvenez à vous contrôler très vite, avant même d'avoir fini de prononcer la première syllabe "Mer", vous pouvez classiquement vous exclamer : "M... iel !".
    • et si vous avez déjà prononcé cette première syllabe "Mer", il vous reste la possibilité de vous écrier : "Mer...credi !" ou "Mer...le !".
    • ou encore : "Mer... d'Aral !" ou "Mer... d'Azov !".

Cela aura le double mérite de ne pas écorcher les oreilles de vos interlocuteurs les plus jeunes et de prouver aux adultes que vous disposez d'un minimum de connaissances géographiques concernant les étendues maritimes intracontinentales propres à l'ancienne URSS !

La mer d'Aral, entre Kazakhstan et Ouzbékistan      La mer d'Aral, entre Kazakhstan et Ouzbékistan

      • La mer d'Aral est en effet un lac d'eau salée d'Asie centrale situé au milieu d'espaces désertiques et partagé entre le Kazakhstan au Nord et l'Ouzbékistan au Sud, aujourd'hui quasiment disparu (68 900 km2 en 1960 et 8 300 km2 en 2015).

Mais encore intact à la fin des années 1960, lorsque, enfant, je m'étais mis en tête de trouver des noms de mers commençant par "a" dans les 6 volumes du "Larousse du XXe siècle", afin de trouver des solutions astucieuses à mon problème !

La disparition progressive de la mer d'Aral, vue par satellite     Bateaux à sec en mer d'Aral

      • Et la mer d'Azov est une mer intracontinentale, bordée à l'Ouest et au Nord par l'Ukraine et à l'Est par la Russie (37 600 km2).

La mer d'Azov, entre Ukraine et Russie

 

À l'écrit :

    • , la pratique la plus courante consiste à écrire les seules première et dernière lettre du mot, séparées par autant de points ou d'astérisques, que vous omettez d'écrire de lettres, soit trois ("erd") pour le mot qui nous intéresse ici :
      • "M...e !"
      • ou "M***e !".

On écrit par exemple : "Tu es un sale c.....d et je te dis m...e !".

    • Enfin, s'il vous faut évoquer le mot "merde", mais que vous ne souhaitez pas le faire, vous disposez encore de trois options :
      • "Le mot de cinq lettres".

On dit par exemple : "Monsieur, je vous dis le mot de cinq lettres !".

      • "Les cinq lettres".

On dit par exemple : "Le ministre est sorti et lui a dit les cinq lettres !".

On dit par exemple : "Ce grossier personnage s'est permis de me jeter à la face le mot de Cambronne !".

Source : wikipedia.org

32 façons de dire "Bien rire" ou "Rire beaucoup".

Le registre argotique est, comme souvent, très riche, puisque l'on peut utiliser les formules "Rire à se pisser dessus", "Se bidonner", "Se fendre la gueule", "Se fendre la pêche", "Se fendre la pipe", "Se fendre la poire", "Se marrer", "Se marrer comme un bossu", "Se marrer come une baleine", "Se poiler", "Se taper une de ces poilades", "Se taper une énorme poilade" ou "Se taper une grosse poilade".

Le registre familier nous propose "S'esclaffer", "S'esclaffer de rire", "Se gondoler", "Se taper des barres" ou "Se taper des barres de rire".

Et l'on peut également dire "Être plié de rire", "Rigoler", "Rigoler comme un bossu", "Rigoler comme une baleine", "Rigoler de bon coeur", "Rire à se tenir les côtes", "Rire de bon coeur", "Rire aux éclats", "Rire à gorge déployée", "Rire comme un bossu", "Rire comme une baleine", "Rire de toutes ses dents", "Se payer une bonne tranche de rigolade" ou "Se tordre de rire" dans le langage courant.

24 façons de dire "Dormir".

Jeune femme endormie
  • Le registre argotique est assez étoffé pour signifier que l'on dort, puisqu'il nous propose les verbes "Écraser", "Pioncer" et "Roupiller".

Les locutions "Piquer un roupillon" ou "Piquer un somme" relèvent du registre familier ; et "Faire la sieste" (ou "Faire une sieste") et "Faire un somme", du langage courant.

Quant au registre soutenu, il nous offre une superbe expression héritée de la mythologie grecque, avec "Être dans les bras de Morphée".

  • Le verbe "Ronfler" (langage courant) sous-entend naturellement que l'on dort.
  • La locution "Fermer l'oeil" (langage courant) s'emploie surtout au sens négatif, afin d'expliquer, de manière imagée, que l'on n'a pas dormi ("Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit").
  • Les verbes "Dormailler" (registre familier, peu usité), "Sommeiller" (registre désuet) ou "Somnoler" (langage courant) désignent un sommeil de piètre qualité.
  • Tandis que la locution verbale "Être assoupi" évoque un demi-sommeil.
  • On dispose également de nombreuses formules pour évoquer un sommeil profond et tranquille :

Le registre familier nous offre ainsi deux charmants idiotismes animaliers : "Dormir comme un loir" et "Dormir comme une marmotte".

"Pouvoir dormir sur ses deux oreilles", "Pouvoir dormir tranquille", "Dormir comme un ange", "Dormir comme un bébé" ou "Dormir comme un bienheureux" relèvent du langage courant, ainsi que "Dormir à poings fermés" ou "Dormir du sommeil du juste".

  • Enfin la locution verbale "Faire de beaux rêves" (langage courant) s'utilise lorsque l'on souhaite à quelqu'un de bien dormir ("Fais de beaux rêves").

27 façons de dire "Un homme très mince ou de faible constitution".

Un jeune homme de faible constitution, "taillé comme une ablette"

Le registre familier est particulièrement riche lorsqu'il s'agit de décrire un individu d'apparence fragile.

On peut ainsi dire qu'il est "maigrichon", "maigriot" (rare), "racho", "taillé comme une arbalète", "taillé comme une allumette",  ou "taillé dans du fil de fer".

Utiliser les formules "avoir un corps d'endive", "demi-portion", "épais comme un cure-dents" ou "épais comme un sandwich SNCF", popularisée par le chanteur Renaud, avec sa chanson "Marche à l'ombre", en 1980.

Ainsi que les idiotismes animaliers "gaulé comme un asticot", "maigre comme un coucou" ou "taillé comme une ablette".

Le langage courant met à notre disposition les adjectifs "décharné", "frêle", "maigrelet", "malingre",et "squelettique", ainsi que les substantifs "gnome", "gringalet" ou "nabot" et les locutions adjectivales "pas épais" ou "pas bien épais".

Tandis que les adjectifs "chétif", "étique", "fluet" et "rachitique", ou le substantif "avorton" relèvent plutôt du registre soutenu.

"Être repasseman".

J'aime beaucoup cette très originale expression relevée dans les dialogues écrits par Michel Audiard pour "Le gentleman d'Epsom", un film français de 1962 de Gilles Grangier, avec le génial Jean Gabin.

Elle relève de ce que l'on appelle "l'anglais de cuisine" et signifie "Se faire enculer", "Se faire mettre" (registre vulgaire), "Se faire repasser", "Se faire entuber" (registre argotique), "Se faire avoir" (registre familier), "Avoir été dupé" (registre soutenu).

15 façons de dire "On n'y voit rien".

"On n'y voit que dalle" appartient au registre argotique.

L'expression "Il fait noir comme dans le trou du cul d'un nègre" relève du registre vulgaire et ne peut naturellement plus être employée de nos jours sans se voir immédiatement traité d'épouvantable raciste.

En revanche, l'église catholique, apostolique et romaine s'avérant sensiblement moins sourcilleuse et susceptible que certaines associations de défense des "minorités visibles", sans doute doit-on plus aisément pouvoir continuer d'utiliser la formule "Il fait noir comme dans le cul d'une nonne" (registre argotique).

Dans le registre familier, on dit : "On n'y voit goutte" ou "On n'y voit que pouic" (qui appartiennent également au registre désuet).

Et nos amis québecois utilisent l'idiotisme animalier "Il fait noir comme dans le cul d'un ours".

Le langage courant nous offre quelques autres possibilités, avec "Être dans le noir", "Il fait nuit noire", "Il fait noir comme dans un four", "Il fait noir comme dans un tunnel", "Il fait noir comme dans la gueule du loup" (idiotisme animalier) ou "On n'y voit pas clair".

Mais c'est naturellement le registre soutenu qui nous propose les formules les plus élégantes, avec "Être dans la plus totale obscurité",  ou "Il règne un noir d'encre" ou "Nous sommes plongés dans les ténèbres".

23 façons de dire "Une fille laide ».

Évidemment, faire dans la dentelle n'est guère d'usage lorsqu'il s'agit de qualifier la laideur d'une femme d'une manière péjorative et la misogynie le dispute souvent à la grossièreté.

Les termes de "Maritorne" ou de "Haridelle" sont aujourd'hui tombés en désuétude et relèvent donc désormais du registre désuet.

Ceux, pourtant corrects de "Laideron" ou "Laideronne" (langage courant), ne sont que rarement employés.

Et, pour élégantes qu'elles soient, on n'entend malheureusement que très rarement les formules "Avoir un physique ingrat" (registre soutenu), "Être peu gâtée par la nature" ou "Ne pas être gâtée pas la nature" (langage courant).

On leur préfère en effet souvent des qualificatifs aussi agréables que "Une fille mal foutue", "Une fille moche", "Une moche", "Une mocheté", "Une grosse dondon", (registre familier) ou "Un tas" (registre argotique).

Quand on ne fait pas dans l'idiotisme animalier en parlant de "Fille laide comme un pou", de "Guenon", de "Guenuche" (langage courant), de "Grosse vache" ou de "Thon" (registre argotique).

Ainsi que de "Cageot" et de "Gravat" (registre argotique) ou - pour rester dans le domaine de la nourriture - de "Boudin" (registre argotique) et de "Mannequin chez Olida" (registre familier et registre désuet), selon la célèbre formule que les plus anciens se remémoreront certainement.

Enfin, les marseillais utilisent le mot "Un tromblon" pour désigner une femme aux formes peu harmonieuses.

Le surpoids étant malheureusement de nos jours majoritairement associé à la laideur, on peut également consulter l'ensemble des façons non grossières de dire "Une personne en surpoids".